12 juillet 2012
La camerise, un petit fruit bleu unique
Par: Le Courrier

Vous croyez que ce petit fruit bleuté est un bleuet? Vous vous trompez. Vous croyez que son goût ressemble à celui du bleuet? Vous n’avez pas tout à faire tort, mais vous n’avez pas totalement raison non plus. Mais qu’est-ce alors? On l’appelle la camerise. Dany Leblanc de la bleuetière Joualbleu, à Saint-Jude, nous ouvre ses portes pour nous présenter ce petit fruit.

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Pas moins de 560 camerisiers sont plantés chez Joualbleu, regroupant quatre différentes variétés. Les deux principales sont le borealis, une des variétés avec le fruit le plus gros et le plus sucré, et le berry blue, un plant produisant des camerises un peu plus amères si elles sont cueillies prématurément. En général, la camerise, un petit fruit bleu fait sur le long, a un goût plutôt sucré, s’apparentant au bleuet, avec une légère acidité qui rend le goût unique.

Cette année, Dany Leblanc a droit à une première grosse production de camerises, seulement deux ans après avoir fait l’acquisition de ces plants. Comme pour ses bleuets, il aimerait bien ouvrir le site pour y faire de l’autocueillette. « Comme c’est la première année où il y a beaucoup de camerises, ce ne sera pas ouvert pour l’autocueillette. Mais dès l’an prochain, nous comptons faire profiter de ce fruit à tout le monde », affirme-t-il. La camerise provient principalement de l’Asie. Ses origines nous mènent notamment jusqu’au Japon et en Sibérie. Des chercheurs de la Saskatchewan se sont concentrés sur le camerisier il y a quelques années pour l’adapter au climat canadien et l’importer ici. Puisqu’il est très résistant au froid, le camerisier est idéal pour être cultivé au Canada. Au Québec, on retrouve ces plants principalement au Saguenay—Lac-Saint-Jean, quoique l’intérêt pour ce petit fruit bleu semble de plus en plus grandissant dans la région maskoutaine.La méthode de cueillette de la camerise peut paraître quelque peu étrange, ou du moins, peu familière si on la compare aux autres fruits. Avec un bac ou une toile au pied du plant, on ne doit que secouer le plant pour que les fruits tombent. S’ils ne quittent pas les branches après cet exercice, c’est signe que les camerises ne sont pas encore arrivées à maturité. On peut également les cueillir à la main comme on le fait avec les bleuets, mais le travail serait beaucoup plus long pour une même cueillette.La saison de la camerise tire déjà à sa fin. Les plants produisent généralement le plus à la mi-juin, un peu comme pour les fraises. Une situation idéale pour la mise en marché selon Isabelle Couture, conseillère en production maraîchère du MAPAQ à Saint-Hyacinthe. « Comme ce fruit a une grosseur semblable au bleuet, les installations pourraient aussi être utilisées pour congeler les camerises étant donné que ce fruit produit plus tôt que le bleuet. »Comme ce produit a fait son apparition au Québec il y a de cela seulement cinq ans, il est trop tôt pour savoir quand il sera possible de voir la camerise sur le marché. « C’est très nouveau, on y va à petits pas. On explore au fur et à mesure », soutient Mme Couture. Lorsque la camerise fera son apparition sur les tablettes, ne soyez pas étonnés si vous la retrouvez sous forme de yogourt, de coulis ou de fruits congelés, voire comme arôme dans un vin. Peu importe sous quelle forme elle sera consommée, la camerise saura vous charmer.

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