26 février 2015
La chanson de l’éléphant : une joute psychologique
Par: Amilie Chalifoux

Ce n’est pas tous les jours que des acteurs québécois, canadiens et américains se partagent la vedette dans une production cinématographique. L’adaptation de la pièce

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D’abord créée en anglais au Festival de Stratford, en 2004, puis en français l’année suivante, La chanson de l’éléphant est la première écrite par l’auteur montréalais.

Campée dans une institution psychiatrique, au coeur des années 60, elle met en scène l’interrogatoire du patient, Michael Aleen, faite par le directeur de l’hôpital, le Dr Greene, à la suite de la disparition d’un éminent psychiatre, le Dr Lawrence. Bien que mis en garde par l’infirmière en chef, Miss Peterson, le psychiatre se laisse prendre au jeu de manipulation du jeune au passé trouble qui fait planer le doute d’un meurtre par de bouleversantes allégations. Du coup, une joute psychologique s’installe dans la relation entre les deux hommes.

Son adaptation au cinéma par le réalisateur de Maurice Richard réunit les acteurs Bruce Greenwood dans le rôle du Dr Greene et Xavier Dolan dans le rôle du patient Michael Aleen qui, soit dit en passant, incarne à la perfection le personnage au profil psychologique complexe.

S’ajoute également à la distribution les acteurs Catherine Keener (Miss Peterson), Carrie-Anne Moss (Olivia), Guy Nadon (Dr Jones) et Colm Feore (Dr Lawrence), dont les interprétations sont toutes aussi réussies.

Dès les premières minutes du film, la trame s’installe. Les informations ne manquent pas pour alimenter l’intrigue. Des raisons qui conduisent le Dr Greene et Miss Peterson au témoignage de l’entretien entre le psychiatre et Michael Aleen au mystère qui plane autour de la disparition du Dr Lawrence en passant par les références aux éléphants et à l’opéra faites par le jeune patient et le passé tragique qui réunit le Dr Greene et l’infirmière en chef, tous les éléments sont mis en place pour lancer le spectateur sur différentes pistes.

Un bémol s’impose toutefois. Bien que l’adaptation de Charles Binamé ait en apparence tout d’un suspense, le film laisse présager une scène d’action qui ne vient finalement jamais ou à peine. Ce qui, au cinéma, peut s’avérer décevant.

Il reste néanmoins que La chanson de l’éléphant se distingue par la performance des acteurs et sa richesse sur le plan psychologique.

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