4 août 2011
La chasse aux pancartes est ouverte
Par: Le Courrier
À La Providence, un dépanneur affiche une publicité de boisson énergisante sur un poteau municipal.

À La Providence, un dépanneur affiche une publicité de boisson énergisante sur un poteau municipal.

Après la chasse aux sorcières, voici que la chasse aux pancartes occupe les contribuables maskoutains. Estimant que la Ville a deux poids deux mesures en matière de réglementation municipale, plusieurs ont contacté LE COURRIER afin de pointer du doigt des affiches jugées clandestines

Depuis le début de la belle saison, Saint-Hyacinthe mène une large offensive afin de faire appliquer à la lettre le chapitre 14 du règlement 350 sur l’affichage. Deux inspecteurs du service de l’Urbanisme parcourent la ville et distribuent des constats d’infractions aux fautifs.

Lors du Parcours des trouvailles, en avril, 17 amendes de 134 $ ont été remises à des citoyens ayant annoncé leur vente-débarras, alors qu’aucune n’avait été émise l’an dernier. Devant le zèle de la Ville, les citoyens sont à l’affut de possibles passe-droits et s’interrogent sur la présence de certaines pancartes.Plusieurs se sont d’abord questionnés sur la légalité de pancartes promotionnelles de la vente-trottoir du centre-ville. La Société de développement commercial qui organisait l’événement avait toutefois obtenu la permission de la Ville d’installer des affiches en raison de son caractère communautaire.Les panneaux directionnels du pipeline d’Ultramar, installés sur le rang Saint-Amable et au coin du boulevard Laframboise, font aussi jaser. Or, ces pancartes ont été soumises au service de l’Urbanisme qui a accordé sa bénédiction à l’entreprise pétrolière américaine.« C’est un projet panquébécois. Nous avons voulu nous uniformiser », a supposé la chef de la division des Communications, Joëlle Jetté, en l’absence des décideurs du service de l’Urbanisme.À moins d’un pied de ladite pancarte du boulevard Laframboise s’en trouvait une autre qui avait tout à voir avec une publicité. L’affiche annonçait l’autocueillette de bleuets à Saint-Jude. Rejoint par LE COURRIER, le propriétaire a assuré qu’il n’était pas au fait des interdictions de la Ville en pareille matière. « Je ne savais pas qu’on n’avait pas le droit », a mentionné le propriétaire de la bleuetière en indiquant qu’il retirerait l’affiche avant de se voir remettre une amende. Aussitôt dit, aussitôt fait.Au coin du Grand-Rang-Saint-François et de la rue Saint-Pierre à La Providence, le dépanneur Chez Jacqueline affiche une grande publicité de boisson énergisante installée directement sur un poteau directionnel municipal qui indique notamment le centre-ville et le Cégep de Saint-Hyacinthe. Il a été impossible d’obtenir le commentaire du propriétaire et de savoir si les inspecteurs du service de l’Urbanisme lui ont remis un avertissement ou une amende.De son côté, l’administration municipale se défend de permettre des passe-droits. « Le territoire n’est pas inspecté de façon systématique. Nous ne pouvons pas tout voir et invitons les gens à faire une plainte au service de requêtes lorsqu’ils voient une pancarte qui semble illégale. Nous apprécierions grandement l’aide des citoyens », a mentionné Mme Jetté. Jusqu’ici, 14 contraventions concernant des enseignes commerciales inadéquates ont été distribuées comparativement à une seule en 2010.

Tolérance pour l’Expo

Les pancartes publicitaires de l’Expo, visibles un peu partout sur le territoire de la Ville depuis déjà quelques semaines, font aussi jaser.

En plus de tolérer des affiches directionnelles menant vers le site des activités, la Ville permettra aux propriétaires qui louent des espaces de stationnement aux visiteurs d’afficher leur offre de service sur leur propriété, à l’instar des années précédentes.« C’est une pratique qui a toujours été tolérée, car cela permet de libérer les rues avoisinantes au site de l’Expo. Ces citoyens recevront tout de même un avis consigné, mais pas d’amende », a précisé Joëlle Jetté.Par contre, gare à ceux qui afficheront leur stationnement improvisé au centre d’un terre-plein ou sur un poteau de la Ville. Les fautifs recevront un avertissement et auront 12 heures pour remédier à la situation, sans quoi ils se verront remettre une contravention salée de plusieurs centaines de dollars.

image