4 mars 2021
Rénover L.-P.-Gaucher
La chose à faire
Par: Martin Bourassa

On va se le dire, rénover l’aréna L.-P.-Gaucher de Saint-Hyacinthe ne sera pas un luxe. Tous ceux qui le fréquentent vous diront qu’il a un grand besoin d’amour. Et que les 11,6 M$ que compte y consacrer la Ville de Saint-Hyacinthe au cours des prochains mois ne seront pas de trop. C’est beaucoup et à la fois peu d’argent quand on s’y attarde.

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Beaucoup si on s’inquiète de la dette de la Ville de Saint-Hyacinthe, si on déteste le sport et si on considère qu’il y aurait mieux à faire avec cet argent. Peu quand on réalise que la seule remise en état de la toiture accaparera plus de 2,2 M$ de la facture totale ou si on compare cet investissement au prix d’un nouvel aréna.

Des exemples? Écartons d’entrée de jeu le nouveau Colisée de Trois-Rivières, un petit bijou de 60 M$ comprenant deux glaces, dont l’une de 4390 sièges. Les Maskoutains aiment le hockey, mais notre ville n’est pas ou n’est plus à proprement parler une ville de hockey. Une fois passé l’attrait de la nouveauté, nous n’avons pas réussi à faire vivre une franchise de la ligue junior majeure ni une équipe de la ligue semi-pro.

Nos équipes midget AAA et collégiale perdurent, mais elles n’ont pas l’ambition de remplir l’aréna ni d’accumuler les profits. Un aréna d’environ 1200 places est donc amplement suffisant pour les besoins actuels et futurs. Ce que nous offre le stade L.-P.-Gaucher, avec l’appui des trois glaces du Complexe Isatis.

Outre celui de Trois-Rivières, d’autres arénas ou complexes sportifs ont été inaugurés récemment, sont en chantier ou sur la planche à dessin. Mont-Joli a investi près de 10 M$ dans un amphithéâtre de 800 places à la facture élémentaire, avec des estrades d’un seul côté. À Saint-Joseph-de-Beauce, on a consacré près de 10 M$ également dans un centre multifonctionnel avec une glace pour 600 spectateurs, dont seulement 350 places assises. La Ville de Sept-Îles avait aussi dans ses cartons la construction d’un complexe multisports comprenant un aréna de 1500 places, un terrain de soccer artificiel et des plateaux sportifs, le tout évalué à 33 M$ en 2019. Et à Varennes, le Centre multifonctionnel qui doit ouvrir ses portes à l’été aura nécessité un investissement de 16 M$ pour l’aménagement d’un gymnase double, d’un dojo et une salle de réception de 250 personnes.

Consacrer 11,6 M$ dans la rénovation du Stade L.-P.-Gaucher tient donc la route financièrement parlant, même si on parle davantage d’une mise à jour, voire d’entretien, que d’une transformation radicale. Construit à la fin des années 1930 selon les plans de l’architecte maskoutain René Richer, notre vieil aréna a un cachet que l’on doit préserver et mettre en valeur, même s’il est vrai que son environnement lui porte ombrage.

Parlant d’ombrage, encore une fois une ombre au tableau réside peut-être dans le financement de ces travaux de 11,6 M$. Cette dépense sera assumée entièrement par les contribuables maskoutains puisqu’aucune demande de subventions n’a été formulée aux gouvernements supérieurs. Comme pour la rénovation du Marché public, la Ville brille par son autonomie. Elle préfère avoir les mains libres et réserver ses demandes de subventions pour des projets de plus grande envergure, par exemple le réaménagement de la promenade Gérard-Côté. Certains trouveront par contre particulier qu’elle se lance dans des travaux de 11,6 M$ sans subventions, mais qu’elle fasse de l’octroi de subventions une condition essentielle à la construction d’un boulodrome aux Loisirs Notre-Dame.

Disons qu’il lui est facile de repousser ce dernier projet, d’autant plus qu’il n’y a plus de conseillère pour le défendre. Mais la logique impose, à notre avis, de bien entretenir ce qui existe déjà comme installations de loisirs à Saint-Hyacinthe avant de penser à en ajouter de nouvelles. Si la Ville lève le nez sur des subventions dans le cas du Stade L.-P.-Gaucher, elle ne dirait pas non à un cadeau tombé du ciel. D’où son intérêt à mousser sa candidature au concours Kraft Hockeyville. Ce dernier met à l’enjeu un don de 250 000 $ qui devrait servir à revamper l’aréna maskoutain et à accueillir un match du Canadien.

Le bon côté de la pandémie actuelle, s’il faut en trouver un, aura peut-être été le report des championnats nationaux midget AAA qui étaient prévus à Saint-Hyacinthe l’an dernier et qui seraient théoriquement repoussés à l’hiver 2022 au meilleur des cas.

Recevoir de la belle visite ou Carey Price quand le toit coule, c’est un peu gênant, non?

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