17 juin 2021
Dossier Exceldor
La CPTAQ compte autoriser 10 hectares
Par: Rémi Léonard

La CPTAQ a livré une nouvelle orientation dans le dossier Exceldor, pointant vers une autorisation partielle à la demande forumlée par la MRC des Maskoutains. Photothèque | Le Courrier ©

Les efforts de la coopérative Exceldor, de la Ville de Saint-Hyacinthe et de la MRC des Maskoutains pour convaincre la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) de rendre possible l’implantation de l’usine d’Exceldor sur des terres agricoles n’auront pas été vains.

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Dans un avis émis mercredi en fin de journée, la Commission annonce qu’elle « entend autoriser » l’exclusion d’un peu plus de 10 hectares de la zone agricole pour permettre l’implantation de l’abattoir d’Exceldor. Il ne s’agit pas d’une décision finale et la Commission insiste sur le fait qu’elle maintient sa décision de ne pas autoriser l’exclusion des 24 hectares demandés, notamment afin de protéger des terres « parmi les meilleures du Québec ». On se trouve ici au coin de l’avenue Pinard et du Grand Rang, à l’ouest du parc industriel Olivier-Chalifoux.

Une volonté de trouver un compromis se dégage toutefois des nouvelles observations des commissaires. « Malgré la perte de la ressource sol et l’homogénéité affectée, il est indéniable que le projet d’Exceldor comporte des retombées intéressantes pour l’agriculture, à l’échelle locale, régionale et même québécoise ». Tout en réitérant sa préoccupation à l’égard des espaces agricoles situés au sud du terrain visé, qui pourraient se retrouver « en attente de développement du périmètre urbain » si l’exclusion était accordée, les commissaires se sont toutefois montrés sensibles à certaines observations faites lors de la rencontre tenue le 20 avril dernier.

Pour la première fois, la Commission affirme ainsi « comprendre que la relocalisation de l’abattoir d’Exceldor dans la même MRC est requise pour assurer la survie de cette entreprise de transformation alimentaire ». Elle invite toutefois la coopérative à « revoir ses plans et à tenter de maximiser la superficie nécessaire » à son projet, dont le déploiement est prévu en deux phases. Exceldor affirmait durant la rencontre pouvoir se contenter de 14,5 hectares.

La CPTAQ précise aussi qu’en plus des 10 hectares consacrés à l’usine, elle pourrait également consentir à une autre superficie de 0,65 hectare pour la bande de protection riveraine le long du ruisseau Plein-Champ.

Des conditions sont également imposées, entre autres de prélever et d’étendre le sol arable en question sur les terres à proximité sous la surveillance d’un agronome. La Commission n’entend par ailleurs pas autoriser le prolongement de la rue Charles- Gilbert jusqu’à l’avenue Pinard. Elle propose deux scénarios pour l’implantation de l’usine, occupant tous deux dix hectares.

Même si les commissaires jugent « acceptable » cette « autorisation partielle », le dossier n’est pas réglé. « Une nouvelle période de 30 jours est maintenant prévue pour permettre à toute personne intéressée de soumettre des observations écrites », annonce la CPTAQ.

Nous vous présenterons les réactions ainsi que les commentaires des parties concernées par cette proposition de dernière minute de la CPTAQ dans notre prochaine édition.

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