7 décembre 2017
Centre de congrès et hôtel
La CSN salive
Par: Martin Bourassa

L’ouverture récente du centre de congrès de Saint-Hyacinthe vient de ramener la Fédération du commerce, affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (FC-CSN), dans le portrait. Elle flaire l’opportunité. Comme le requin avec l’odeur du sang.

Par voie de communiqué, la CSN a dit se réjouir de la réouverture du nouveau centre de congrès de Saint-Hyacinthe, tout comme de l’ouverture prochaine de l’Hôtel Sheraton. Elle ajoute « souhaiter que la direction [du Sheraton] interpelle rapidement le syndicat de l’ancien Hôtel des Seigneurs afin de mettre fin au conflit de travail qui les opposent, pour convenir du renouvellement de la convention collective ». Le téléphone ne devrait pas sonner de sitôt dans les bureaux de la CSN à notre avis.
La centrale syndicale affirme qu’elle veillera au respect des droits des travailleurs de l’Hôtel des Seigneurs. Mais encore faudrait-il que ceux-ci aient des droits à l’égard du Sheraton ou du centre de congrès. Ça, c’est beaucoup moins évident. La CSN a justement demandé à son service juridique d’évaluer tous les recours possibles. En cherchant un peu, il trouvera peut-être. Ne parions pas contre l’imagination et la ténacité d’une centrale syndicale en conflit. N’en déplaise au syndicat, le nouveau centre de congrès municipal de Saint-Hyacinthe n’a plus rien à voir avec l’ancien qui était géré par le privé, même s’il est situé à proximité. En ce qui concerne l’Hôtel Sheraton et l’Hôtel des Seigneurs dont il ne reste aujourd’hui que des souvenirs, le seul rapprochement entre les deux tient du fait qu’ils sont liés au même propriétaire. Mais puisque le nouvel hôtel a été construit sur un autre terrain voisin, le lien syndical reste à démontrer. L’application de l’article 45 du Code du travail a peut-être ou sans aucun doute ses limites. Selon votre point de vue.
La CSN rappelle aussi qu’environ 270 employés de l’Hôtel des Seigneurs « ont été littéralement jetés à la rue par l’employeur [Silverbirch], qui a décidé de fermer et de vendre l’établissement en 2013. Plutôt que de rouvrir cet établissement en opération depuis 1974 au même endroit, le nouvel acquéreur, l’entreprise Centres d’achats Beauward, propriété de la famille Bibeau, a préféré tout démolir et reconstruire l’hôtel et le centre de congrès tout près, de l’autre côté de la rue ».
C’est vrai, deux propriétaires différents ont été incapables de conclure un règlement avec la CSN et de faire entendre raison aux employés en grève depuis le 28 octobre 2012. Ils ont trouvé tous les deux plus rentable de travailler sur un plan B.
Ces employés syndiqués ont adopté la ligne dure et ils ont trouvé plus durs qu’eux. Il serait assez étonnant que la CSN réussisse maintenant à syndiquer les employés du centre de congrès et du Sheraton puisque le gestionnaire devrait miser à fond sur la sous-traitance, comme l’a fait la direction de l’Hôtel Holiday Inn Express & Suites de Saint-Hyacinthe au moment de son ouverture en 2010
Et qui l’en blâmera à part la CSN?

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