30 juin 2016
La CSSH achète l’église Sacré-Coeur pour la démolir
Par: Rémi Léonard
La CSSH achète l’église Sacré-Coeur pour la démolir

La CSSH achète l’église Sacré-Coeur pour la démolir

Des travaux importants seraient nécessaires pour garder l’église Sacré-Coeur ouverte plus longtemps. La Fabrique a préféré s’en départir au profit de la CSSH. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Des travaux importants seraient nécessaires pour garder l’église Sacré-Coeur ouverte plus longtemps. La Fabrique a préféré s’en départir au profit de la CSSH. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’église Sacré-Coeur-de-Jésus fermera ses portes d’ici la fin de l’été pour une démolition annoncée. La Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) s’est entendue avec la Fabrique de la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin pour acquérir le terrain comprenant l’église ainsi que son presbytère.

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Son intention est d’en faire « une cour digne de ce nom » pour l’école René-Saint-Pierre en rasant les édifices religieux qui s’y trouvent, a expliqué le président de la commission scolaire, Richard Flibotte.

Il argue que l’école René-Saint-Pierre n’a « pratiquement pas de cour » à l’heure actuelle et qu’il n’y a « pas d’autres espaces disponibles autour ». Séparées par le boulevard Laframboise, l’église et l’école sont situées l’une en face de l’autre.

Le président de la CSSH a été mandaté le 28 juin par le conseil des commissaires pour aller de l’avant avec la transaction chiffrée à 350 000 $. L’entente avec la paroisse a été annoncée aux médias le lendemain.

Impossible réfection

Du côté de la Fabrique, on avait depuis longtemps fait une croix sur le bâtiment, dont la restauration s’annonçait coûteuse. En vente depuis 2012, la réhabilitation de l’église Sacré-Coeur était évaluée à plus de 2,5 M$.

« À 400 mètres d’une autre église [Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement], les besoins ne justifiaient pas les efforts nécessaires à sa réhabilitation », a expliqué le président de l’assemblée de fabrique, Robert Charbonneau, d’autant plus que l’église Sacré-Coeur, avec ses 70 ans d’histoire, n’a pas de caractère patrimonial reconnu et n’est admissible à aucune subvention, ajoute-t-il.

Bien conscient du « fort sentiment d’appartenance » que certains citoyens ont envers ce lieu de culte, Robert Charbonneau justifie que ce projet d’acquisition était le « plus près des objectifs de la Fabrique » puisqu’il aura une vocation communautaire et servira les besoins des enfants de l’école René-Saint-Pierre. Il rappelle ainsi que d’autres projets d’acquisition antérieurs ont pour leur part été refusés.

Quelques mois de sursis

Les détails du nouvel aménagement sont encore à préciser, mais le but est de concevoir un parc adapté à la clientèle aux besoins particuliers de l’école René-Saint-Pierre. Richard Flibotte indique que cet espace pourrait aussi être accessible aux citoyens de Saint-Hyacinthe, parlant de « parc intergénérationnel ». Le projet bénéficie par ailleurs de l’appui de la Ville, précise-t-il.

Il reste encore à conclure officiellement la transaction, avec l’autorisation de l’Évêché de Saint-Hyacinthe, et à obtenir le permis de démolition de la Ville pour que le projet se concrétise. Si tout se déroule comme prévu, la démolition de l’église et du presbytère, évaluée à 150 000 $, pourrait avoir lieu au printemps 2017, a précisé Richard Flibotte.

Un brin d’histoire

Construite en 1946-1947, l’église Sacré-Coeur-de-Jésus a été érigée sur le site du Collège Sacré-Coeur quelques années après le terrible incendie qui a détruit l’édifice et emporté 46 victimes le 18 janvier 1938. Son architecte est René Richer, célèbre Maskoutain à qui l’on doit notamment des oeuvres comme la Porte des Anciens Maires, l’Hôtel-Dieu, l’Hôpital Saint-Charles, le Stade L.-P.-Gaucher et de nombreuses écoles et bâtiments religieux maskoutains.

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