3 décembre 2015
La culture des organisations
Par: Martin Bourassa
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Voici un extrait choisi, tiré du volumineux rapport de la Commission Charbonneau à propos de la gouvernance et de la culture des organisations. En espérant que ce passage suscitera quelques réflexions parmi ceux et celles qui siègent ou encore ont siégé à des conseils d’administration d’organismes à but non lucratif à caractère public ou privé à Saint-Hyacinthe ou ailleurs.

« La culture d’une organisation publique ou privée désigne l’« ensemble des buts, des valeurs et des façons d’agir » qui imprègnent son fonctionnement. Elle exerce une ­influence importante sur le comportement de ses membres et peut ainsi devenir une cause de leur comportement déviant. ­L’adhésion d’une personne à la culture d’une organisation constitue souvent la condition nécessaire à son intégration. Lorsque les membres d’une organisation y sont parfaitement intégrés, ils sont ­susceptibles de voir la culture de l’organisation comme la norme, même si cette culture s’oppose aux normes et aux valeurs ­fondamentales de la société : « Pour ces ­délinquants, ce ne sont pas vraiment eux qui sont des outsiders du système […], mais bien le système qui ne comprend rien à la norme de leur milieu, aux exigences de leur profession, à la réalité économique ». Ceux qui ne sont pas entièrement intégrés à la culture de leur organisation peuvent être conscients du caractère illicite des gestes qu’ils posent, mais se sentir obligés d’adopter la conduite problématique de leurs supérieurs, valorisée par l’organisation. La culture d’une organisation est ­largement façonnée par ses dirigeants. Par conséquent, si « la direction valorise les règles du jeu légitimes, les subordonnés s’y conformeront. Si au contraire, la conformité ne semble pas sa priorité, la voie des ­pratiques transgressives est ouverte.

[…] Par ailleurs, pour qu’une culture de déviance ou de transgression se développe et se maintienne au sein d’une organisation, ses membres doivent adopter un ­« discours de neutralisation », qui se ­présente comme une explication fournie par un délinquant pour justifier, banaliser ou minimiser la gravité de ses actions. Ce type de discours repose notamment sur l’utilisation d’euphémismes ou d’expressions visant à présenter les pratiques ­illicites d’une manière avantageuse. »

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