20 décembre 2012
La cupidité
Par: Christian Vanasse
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À la lecture du dernier billet de mon collègue Pierre Bornais sur la générosité en cette période de fin d’année, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aussi à sa rivale, la cupidité.

M. Bornais soulevait le problème de la redistribution de la richesse, je vous soumets celui de l’accumulation. Et ceux qui au lieu de donner ou de partager, prennent et s’accaparent. Ils n’en ont pas besoin pour manger, ils ne sont pas dans la misère, ni eux ni leur famille, ils en veulent juste plus. Toujours plus. Comme ce fonctionnaire aux conditions salariales pourtant très généreuses qui témoignait devant la juge Charbonneau avoir commencé la magouille avec la mafia pour arrondir ses fins de mois, jaloux des salaires qu’il aurait fait dans le privé. Il en voulait juste plus. Et cet homme d’affaires, qui, à la manière d’un Vincent Lacroix assemble une pyramide de Ponzi pour flouer ses clients à coups de millions, pourquoi au fond? Pour plus, immensément plus que ce qu’il possède déjà. Et que promettait-il à ses clients? Des rendements mirobolants. Du plus. Toujours plus. Et nous? Bah, nous aussi on en veut plus. C’est humain, c’est normal. On en veut plus pour notre argent, plus dans nos poches, plus sous le sapin, plus de cadeaux, plus de bouffe, plus, plus, plus… et nous portons systématiquement au pouvoir les gens qui nous en promettent le plus et qui ne jurent que la sacro-sainte croissance infinie. Nous faisons partie des plus riches et privilégiés de la planète et pourtant, nous sommes affamés et insatiables. On est là à se chercher un projet de société alors qu’il faudrait peut-être plus simplement, un projet de satiété. Tiens, c’est ce que j’ai envie de vous souhaiter. Le bonheur sans plus.

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