13 septembre 2012
La démission de Charest vue d’ici
Par: Jean-Luc Lorry
Jean Charest à Saint-Hyacinthe lors de la récente campagne électorale.

Jean Charest à Saint-Hyacinthe lors de la récente campagne électorale.

Après avoir été défait dans la circonscription de Sherbrooke, Jean Charest a quitté ses fonctions de chef du Parti libéral. Ses adversaires politiques dans le comté de Saint-Hyacinthe et l’avocat Jacques Sylvestre senior, une connaissance de longue date, se souviennent de ce politicien qui occupa le fauteuil de premier ministre du Québec pendant neuf ans.

Député à l’Assemblée nationale depuis l’élection de décembre 2008, le péquiste Émilien Pelletier a dû composer avec les politiques de Jean Charest comme premier ministre d’un gouvernement libéral majoritaire.

« Jean Charest est une bête politique et un communicateur de talent. Deux traits de personnalité dangereux pour ses adversaires », note le député de Saint-Hyacinthe, fraîchement réélu pour un second mandat. Celui-ci n’a jamais eu l’occasion de croiser le fer avec le redoutable débatteur lors des sessions parlementaires. « Les seules fois où nous avons échangé de personne à personne, c’était à l’occasion de cérémonies officielles. Je trouvais que c’était un homme très chaleureux », mentionne M. Pelletier. L’ancien député du Parti québécois, Léandre Dion s’est retrouvé en face de l’ex-premier ministre de 2003 à 2007. « Je lui reproche d’avoir parfois tellement étiré la vérité que souvent elle déchirait », indique celui qui a pris sa retraite de la politique provinciale.« Le problème de la corruption a pris une tournure systémique avec Jean Charest. Je crois qu’il est possible de faire de la politique sans plonger dans la corruption. J’espère que ce temps est aujourd’hui révolu », poursuit M. Dion.Ce dernier note qu’en dehors de l’arène politique, Jean Charest demeure « un homme du monde, gentil et charmant ».Un commentaire partagé par l’avocat maskoutain Jacques Sylvestre senior qui a connu Jean Charest lorsqu’il était candidat à la chefferie du Parti conservateur en 1993. « J’avais travaillé avec lui pour l’aider à gagner cette course. Plus tard, quand il était de passage dans la région, nous réussissions parfois à nous rencontrer. J’ai suivi sa carrière politique », indique M. Sylvestre. Lors des récentes élections provinciales, Jean Charest est venu à deux reprises à Saint-Hyacinthe pour soutenir la candidature de Louise Arpin.« Jean Charest adorait la politique. Je le vois très bien revenir sur la scène publique dans le cas d’un nouveau référendum sur la souveraineté », observe M. Sylvestre.« Personnellement, je trouve qu’il a été dénigré de façon inappropriée à des fins politiques. Il a été diabolisé. Je crois que sur le plan du bilan économique, l’Histoire lui donnera raison », termine Jacques Sylvestre senior.

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