8 avril 2021
Forum
La démocratie souffre
Par: Le Courrier

Le 18 janvier, la Ville approuvait son Plan de développement durable (PDD). Dans ce « fameux » plan, il y est indiqué : « Les décisions sur les projets de développement d’envergure ont un impact non négligeable sur les communautés locales. Ayant pour quête de trouver l’équilibre entre les aspects économiques, sociaux et environnementaux de son développement, la Municipalité ne peut se passer de prendre en compte les intérêts et les préoccupations des citoyens. À cet égard, la Ville de Saint-Hyacinthe s’engage à consolider la culture de participation citoyenne en bonifiant son processus de consultation dans les démarches municipales d’envergure. »

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Au point 4.1.1, la Ville s’engage à consulter les citoyens en amont des approbations sur les projets d’envergure et à offrir des consultations citoyennes plus participatives. Que de belles paroles! À la première occasion, pour le projet de 14 étages du Groupe Maurice, la Ville a outrepassé la décision des citoyens de vouloir soumettre le projet au processus d’approbation référendaire.

Le 1er février, la Ville adoptait une autre belle résolution : Déclaration d’engagement sur la démocratie et le respect qui met en avant-plan la campagne de l’UMQ : La démocratie dans le respect, par respect pour la démocratie.

De dire simplement que l’on prend des décisions dans l’intérêt public ne suffit pas, elles doivent l’être dans l’intérêt de la démocratie avant tout. Et ce, en particulier quand il est question d’un développement entièrement privé qui rapportera des M$ au promoteur.

Lors de la petite jasette avec le maire, dans Le Courrier du 7 janvier, M. Corbeil a indiqué que la Ville « est devenue à la fine pointe de la technologie ». Je ne sais pas si l’usage du singulier était voulu, mais je ne sais pas de quelle technologie il voulait parler. Vous savez, même si les élus ont accès aux séances du conseil en « virtuel », les citoyens, eux, doivent se contenter d’écrire une question, de 500 caractères maximum, pour s’adresser au conseil. De plus, cette question, aussi courte soit-elle, est interprétée comme M. Corbeil le veut bien. Et c’est la même chose pour les « fameuses » nouvelles consultations écrites. Ni vues ni connues.

Et il ne faut pas compter sur les conseillers pour amener des questions au conseil. Ils s’excusent presque lorsqu’ils s’opposent à un règlement qu’ils considèrent comme imprécis, incomplet ou autre. Et ce, quand M. Corbeil leur laisse le temps de s’opposer avant de dire que le règlement est accepté à l’unanimité. Deux beaux exemples sont l’approbation du projet de règlement 621 sur les poules urbaines (1er février) et son adoption (15 février); à voir et à revoir.

La démocratie souffre de plus en plus à Saint-Hyacinthe. Et, qu’en dise M. Corbeil dans sa jasette du 7 janvier, que l’implication des citoyens n’est pas un irritant, je n’y crois pas. Tout est fait ou presque pour n’entendre rien d’autre qu’un seul côté de la médaille.

Daniel Malenfant, Saint-Hyacinthe

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