17 mai 2018
Carte blanche
La dépendance
Par: Christian Vanasse

Fumer est très mauvais pour notre santé et notre portefeuille. Mais arrêter de fumer est très difficile. Et on aura beau mâcher de la gomme, avaler des pilules, se couvrir de patches ou souper en tête à tête avec Messmer, la première chose à faire pour réussir est dans notre tête. C’est se convaincre soi-même qu’on peut le faire. Mais ça, on le sait déjà, on l’a entendu mille fois et blablabla… plus vraiment besoin de se le faire dire, on a compris. Merci. Nous sommes intelligents. 

Pourtant… quand il s’agit du pétrole, on devient ce fumeur invétéré qui ne veut rien entendre et préfère vivre dans le déni en repoussant chaque jour la décision d’arrêter même s’il tousse creux et sue comme un porc rien qu’en montant deux marches. Les alternatives et les moyens de s’en sortir ont beau exister, les scientifiques ont beau nous étaler les preuves que tout ce goudron dans les poumons de l’humanité risque un jour de nous tuer, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International ont beau avertir les États de « dé-pétroliser » leurs économies, rien à faire, on continue à pomper.

Enfoncé dans l’absurde jusqu’au cou, Justin Trudeau déclare : « Exploiter le pétrole des sables bitumineux va nous donner l’argent nécessaire pour baisser les gaz à effet de serre. » Wow! À date, son meilleur déguisement, c’est celui d’écolo. Si on était dans la finale d’un épisode de Scooby-Doo on lui enlèverait son masque et, en dessous, on découvrirait : Oh surprise! Stephen Harper! « Je voulais faire du Canada un état pétrolier, mais vous avez déjoué mes plans, maudits jeunes! »

Augmenter davantage l’exploitation du pétrole le plus polluant de l’histoire, c’est aussi con que de penser qu’on va arrêter de fumer en passant à deux paquets par jour.

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