20 juin 2019
Église Notre-Dame-du-Rosaire
La dernière messe
Par: Martin Bourassa

On savait que la belle petite église Notre-Dame-du-Rosaire vivait sur du temps emprunté depuis que la Ville de Saint-Hyacinthe s’était entendue, en octobre 2017, avec la fabrique pour en faire l’acquisition et lui donner une nouvelle vocation.

publicité

Nous y sommes. C’est le 23 juin que sera célébrée, par l’évêque de Saint-Hyacinthe, la toute dernière messe de la glorieuse histoire de la plus ancienne église maskoutaine. La doyenne perdra un peu de sa noblesse et beaucoup de son caractère sacré. Mais Saint-Hyacinthe ne perdra pas pour autant un joyau de son patrimoine religieux et une pièce importante de son histoire puisque le bâtiment survivra. Même que la Ville de Saint-Hyacinthe a mentionné son intention de la citer à titre de monument historique, une initiative qui s’impose et qu’il faut d’ailleurs encourager. Car nul ne peut nier l’importance historique de cette église, pas plus que sa richesse et sa beauté architecturale. L’église actuelle, la troisième à cet endroit stratégique, s’élève au cœur de la paroisse mère de Saint-Hyacinthe. Cette église a aussi servi de berceau aux Pères dominicains lors de leur venue au Canada, faut-il rappeler.

Et comme si son importance historique n’était déjà pas assez grande, on raconte que sa crypte renfermerait les restes de Jacques-Hyacinthe Simon dit Delorme, deuxième seigneur de la Seigneurie de Maska et fondateur de ce qui deviendra la Ville de Saint-Hyacinthe. Je l’écris au conditionnel, car les informations sur sa sépulture sont nébuleuses. On pourrait maintenant prendre le temps d’approfondir cette question puisque le temps est tout sauf compté d’ici le changement de vocation.

L’église Notre-Dame-du-Rosaire deviendra l’une des pièces maîtresses du pôle culturel imaginé autour de la relocalisation de la Bibliothèque T.-A.-Saint-Germain dans l’ancienne Fédération des caisses Desjardins. Le déménagement du centre d’archives dans l’ancien monastère des Adoratrices du Précieux-Sang, puis d’Expression, centre d’exposition de Saint-Hyacinthe, dans l’église qui sera convertie en musée régional sont partie prenante de ce pôle en devenir.

Le déploiement de cet ambitieux projet progresse lentement cependant. Il est permis de se demander quand (et pour combien) toutes les phases se réaliseront. Nos lecteurs sont d’ailleurs divisés à propos de l’échéancier puisque la moitié des répondants à notre question de la semaine doute que l’église Notre-Dame-du-Rosaire ait une nouvelle vocation d’ici 5 ans. J’espère que la Ville saura les faire mentir, mais à voir tous les dossiers sur lesquels elle s’active, j’en doute fort.

La démarche de citation pourrait aussi compliquer la future reconversion, mais comme la Ville est propriétaire du monument qu’elle cherche à protéger, il n’y a pas trop lieu de s’inquiéter. Cette volonté de protéger cette église confirme surtout la volonté municipale de voir à son entretien et de la préserver, sans trop la dénaturer. C’est là tout le défi.

image