6 juin 2013
Collège Antoine-Girouard
« La fermeture du Collège, ce n’est pas la fin du Séminaire »
Par: Le Courrier
Mgr François Lapierre

Mgr François Lapierre

En décembre, Mgr François Lapierre confiait que la priorité de l’oeuvre Antoine-Girouard demeurait sa mission éducative. Quelques semaines plus tard, on lui annonçait malgré tout la fermeture du Collège. Avec la communauté maskoutaine, l’évêque du Diocèse de Saint-Hyacinthe s’apprête à tourner la page sur un pan d’histoire régionale et, comme pour plusieurs citoyens, sur un chapitre de sa vie.

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« S’il ne devait rester qu’une seule chose de l’oeuvre Antoine-Girouard, ce serait sa mission éducative. Ce doit être la priorité », avait espéré l’évêque en entrevue au COURRIER à la veille de Noël.

« Je suis malheureux de la tournure des événements, souffle-t-il aujourd’hui. J’ai étudié au Séminaire. Je garde un grand souvenir du temps que j’y ai passé. C’était un temps où l’on pouvait faire de la musique, du théâtre, du sport. Ce n’était pas seulement les études. Je pense à tous ces jeunes étudiants qui doivent trouver une nouvelle école, à ces professeurs et au personnel qui doivent trouver un emploi. Cette fermeture, je la regrette beaucoup. »En sage, il se refuse toutefois à pointer du doigt. « On a tendance à trouver des boucs émissaires, mais je crois que la fermeture du Collège est le résultat de plusieurs facteurs, qui s’échelonnent sur plusieurs années. Il y avait une baisse des étudiants. Il y a des gens qui s’opposent à l’école privée. Et puis, pour une école catholique, il faut bien reconnaître que l’identité catholique n’y était pas trop forte. »Le Séminaire de Saint-Hyacinthe étant autonome du Diocèse, et le Collège Antoine-Girouard relevant lui-même d’une administration indépendante du Séminaire, l’évêque n’a jamais été dans le secret des dieux quant à l’avenir du Collège. « On m’a d’abord informé qu’il y avait un problème avec le Collège Antoine-Girouard, mais que la Commission scolaire prendrait la relève. Ensuite, on m’a annoncé que ça ne fonctionnait plus, que c’était la fin », a-t-il expliqué.Entre les deux, c’est par l’intermédiaire de l’oeuvre Antoine-Girouard qu’il a tenté d’intervenir. Sollicité pour la relance de l’école, l’oeuvre a mis sur la table 500 000 $ pour permettre la poursuite des activités pendant au moins une autre année scolaire, le temps que des solutions soient adoptées. « On est intervenu pour demander de se donner une année de plus, avec la possibilité d’allonger cette période. La Corporation du Séminaire semblait d’accord. Mais ça n’a pas été retenu comme option. Il semble que pour toutes sortes de raisons, ce n’était pas suffisant pour la corporation du Collège. C’était trop tard, peut-être », a-t-il dit, visiblement déçu.

Tourné vers l’avenir

Si Mgr Lapierre regrette déjà la fermeture annoncée, il est bien lucide quant à la situation financière des organisations religieuses.

« On pense que les communautés religieuses ont beaucoup d’argent parce qu’on ne présente partout que les montants des actifs, mais on oublie souvent que les obligations qui y sont rattachées sont toutes aussi importantes. »À titre d’exemple l’évêque cite l’infirmerie du Séminaire, un service à la fois essentiel et coûteux. « Le Séminaire est une résidence pour les prêtres âgés. Certains d’entre eux ont enseigné pendant des années pour 300 $ par année. Nous avons le devoir de leur offrir les locaux, les services et les soins dont ils ont besoin. » Bien qu’il garde espoir en l’avenir, Mgr Lapierre précise que s’il devait y avoir une fin à l’oeuvre Antoine-Girouard, elle serait au service de la communauté du Séminaire et des Maskoutains jusqu’au dernier sou. « Il n’y aura jamais un sou qui va retourner à Rome, ni même au diocèse. Et contrairement à ce que certains pourraient penser, ce n’est pas non plus l’évêque qui met l’argent dans ses poches! Cet argent appartient à l’oeuvre qui va poursuivre sa mission, qui va maintenir les archives, qui va entretenir la chapelle qui est un joyau architectural. Cet argent servira toujours sa communauté. »« Mais on n’est pas rendu à la fin, poursuit Mgr Lapierre du même souffle. On espère trouver d’autres possibilités pour l’oeuvre, adaptée à la situation actuelle. Je me refuse à penser qu’il n’y a pas d’avenir. La fermeture du Collège, ce n’est pas la fin du Séminaire. »

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