10 mars 2016
La fin des CLSC?
Par: Pierre Bornais
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À tout le moins sous leur forme actuelle? C’est la question soulevée par des ­observateurs du secteur de la santé dans la foulée d’informations traitant d’un ­potentiel transfert de ressources spécialisées vers les groupes de médecine familiale (GMF). Cette réorientation n’est pas anodine puisque la « vocation préventive » des CLSC pourrait être modifiée en profondeur, sinon abolie.

Il aura fallu du temps et des expériences plus ou moins réussies – en fonction des milieux et des ressources disponibles – pour occuper vraiment le secteur de la prévention. Et de lui donner une autonomie et une identité réelle face à la mission curative qui accapare encore la majeure partie des ressources financières et ­humaines du Ministère.

Ceux d’entre nous qui se souviennent des débuts des CLSC n’ont pas oublié que, ce qui était alors un mouvement social plus qu’autre chose, a évolué. Tant et si bien que ce réseau constitue maintenant une partie essentielle des services à la ­population et cela, à plus d’un niveau.

Il suffit d’évoquer le service à domicile pour mesurer l’importance du chemin parcouru. Non pas que tout soit parfait. Mais le manque endémique de ­ressources n’a jamais permis à l’organisation de la santé au Québec de tirer plein profit de cette approche nouvelle.

Il aurait fallu pour cela inverser la ­pyramide des investissements, une idée qui relève d’un idéal inaccessible dans l’état actuel des choses.

Et trop longtemps, les CLSC ont été considérés comme un caprice et non comme un maillon indispensable de ­l’organisation de la santé des Québécois.

D’où une cohésion absente et des résultats variables selon l’implantation et la proximité ou non d’un centre hospitalier.

Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bassin? Quand même pas pour favoriser le privé!

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