2 mars 2017
La fin pour Jeunes en santé?
Par: Rémi Léonard
Les ateliers culinaires donnent la chance aux jeunes de développer des compétences  qui leur permettront de s’alimenter plus sainement. Photo courtoisie

Les ateliers culinaires donnent la chance aux jeunes de développer des compétences qui leur permettront de s’alimenter plus sainement. Photo courtoisie

Après une douzaine d’années à promouvoir les saines habitudes de vie auprès des jeunes de la région, l’organisme Jeunes en santé se retrouve aujourd’hui face à un mur financier.

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Avec la disparition du programme Québec en forme, financé conjointement par le gouvernement du Québec et la Fondation Lucie et André Chagnon, l’organisme maskoutain se retrouvera sous peu privé de son principal partenaire financier.

Si rien n’est fait, Jeunes en santé ne reviendra tout simplement pas à la prochaine rentrée scolaire, a averti son président Gaétan Dion. D’après les échos qu’il reçoit, le gouvernement se penche actuellement sur un programme de remplacement, mais « rien de concret n’est encore annoncé », s’est-il désolé. « Ce serait dommage que des fonds soient débloqués dans deux ans et qu’on ne soit plus là », a-t-il plaidé, surtout que les saines habitudes de vie ne peuvent pas être plus d’actualité qu’à l’heure actuelle, a-t-il soutenu.

L’organisme Jeunes en santé a été créé en 2004 dans la foulée de la présentation des Jeux du Québec à Saint-Hyacinthe. Il couvre le territoire des MRC des Maskoutains et d’Acton.

La pertinence de l’organisme tient selon Gaétan Dion au fait qu’il ne fait pas que distribuer les sommes disponibles à de multiples initiatives isolées, mais sert plutôt de « levier » pour mettre en place des projets plus structurants.

C’est ainsi qu’au fil des ans, Jeunesse en santé a développé des partenariats avec des organisations comme la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe afin de rejoindre les jeunes de toute la région directement dans leurs classes.

Impacts concrets

Le projet le plus connu est sans doute celui des ateliers culinaires dans les écoles. L’activité de sensibilisation vise à initier les élèves de la maternelle à une alimentation variée et saine en leur faisant découvrir de nouveaux aliments et développer des compétences de base en cuisine. Plus de 6 000 jeunes y participent chaque année.

Un autre atelier propose plutôt des exercices de psychomotricité, soit le développement des habiletés de mouvement de toutes les parties du corps en lien avec les habiletés mentales. Ces apprentissages aident les jeunes du préscolaire à prendre conscience de leur corps dans l’espace, en plus de favoriser la concentration et la mémoire.

Autre exemple, des capsules vidéo ont été tournées pour montrer aux jeunes des façons de faire un peu d’activité physique à l’école. Les capsules Bouge en classe proposent quelques minutes d’exercices faciles à réaliser pour les jeunes, à l’intérieur même d’une classe et avec le matériel à leur disposition.

Jeunes en santé travaille aussi en amont avec des éducatrices en service de garde, des animateurs de camps de jours, des enseignants à la maternelle et en classe d’adaptation ainsi que des étudiants en techniques d’éducation à l’enfance de la région. Les formations se déclinent en trois volets – nutrition, activité physique et psychomotricité – pour permettre à ces professionnels de former une jeunesse sensibilisée à l’importance des saines habitudes de vie.

Mince espoir

Toujours à la recherche d’enveloppes budgétaires pour poursuivre les activités de son organisme, Gaétan Dion n’a pas encore baissé les bras, même si, de son propre aveu, « ça sent la fin ».

Il a souligné les démarches entreprises par la députée de Saint-Hyacinthe, Chantal Soucy, pour défendre la pertinence de Jeunes en santé. Dans une « ultime tentative », la députée caquiste s’est levée une seconde fois en chambre le 23 février pour revendiquer le renouvellement du financement de l’organisme. Elle a interpellé la ministre déléguée aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, qui a réitéré que des plans d’action allaient être mis en place, mais sans s’engager à financer l’organisme maskoutain.

Considérant les défis actuels de la société québécoise en santé, « c’est dur à concevoir qu’un organisme comme Jeunes en santé disparaisse bientôt », a laissé tomber Gaétan Dion.

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