16 mai 2013
L'improbable victoire des Patriotes en 1837
La généalogie au service de l’Histoire
Par: Le Courrier
Réal Houde lors du lancement du livre <em>L'improbable victoire des Patriotes</em> à l'occasion du 175 e anniversaire de la défaite des Patriotes.

Réal Houde lors du lancement du livre L'improbable victoire des Patriotes à l'occasion du 175 e anniversaire de la défaite des Patriotes.

En souvenir des affrontements qui ont opposé les troupes patriotiques aux milices britanniques, à l’automne 1837, Réal Houde, généalogiste, auteur, animateur et conférencier, a lancé, 175 ans après la défaite des Patriotes, le livre L’improbable victoire des Patriotes en 1837 avec lequel il tire l’inévitable conclusion que la bataille était perdue d’avance.

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À la lumière de ses trois années de recherche, Réal Houde ne pouvait plus croire qu’une victoire était possible, bien qu’il aurait aimé écrire le contraire. L’auteur jette néanmoins un regard inédit sur la période patriotique de 1830 à 1837 dans la vallée du Richelieu et montre l’importance des liens familiaux, alliances politiques et pouvoir « féodal » dans le cours de l’histoire des Patriotes.

L’inspiration pour cet essai généalogique et historique lui est venue alors qu’il dressait sa propre généalogie. « Quand j’ai commencé ma généalogie, j’ai découvert que l’un de mes ancêtres, Louis Raynaud Blanchard avait été Patriote, député du comté de Saint-Hyacinthe et présent lors de l’Assemblée des six comtés tenue à Saint-Charles-sur-Richelieu à l’automne 1837. J’ai effectué une recherche à son sujet et j’ai découvert de nouveaux faits qui n’avaient jamais été publiés auparavant. Mon interrogation est pourquoi n’y a-t-il aucune trace de ce personnage? Aurait-elle été effacée? L’hypothèse peut se poser », soulève Réal Houde.D’autres personnages, dont bon nombre de ces aïeux qui ont résidé entre Beloeil et Saint-Hyacinthe, de même que Chambly et Saint-Ours-sur-Richelieu, se sont ajoutés au fil de la recherche. Ces derniers auraient agi « autant du « bord des Patriotes » que du côté des « loyaux sujets de sa Majesté », écrit M. Houde.Selon l’auteur, des clans à l’intérieur même du système seigneurial s’étaient formés. « Je pense même qu’il y avait des courants de pensée à l’intérieur du clan des Patriotes », poursuit-il. Et là les liens familiaux deviennent pertinents. Mais le véritable pouvoir n’était pas exercé par les députés. Il était exercé par les élites seigneuriales francophones, alliées aux élites anglaises, et aucune d’entre elles ne s’est liée aux Patriotes à l’automne 1837, confirme l’auteur.Cet ouvrage n’aurait pu être mené à terme sans les archives conservées par l’Église catholique et des notaires. Par souci de transparence et exactitude des faits, Réal Houde intègre grand nombre d’archives au fur et à mesure qu’avance la lecture, jusqu’à laisser les actes parler d’eux-mêmes. Celles-ci lui ont d’ailleurs permis de trouver plusieurs filons qui guideront l’auteur et généalogiste dans plusieurs recherches et projets à venir. Comme quoi « l’Histoire demeurera toujours une science ouverte ».

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