9 mai 2019
Hôtel-Dieu-de-Saint-Hyacinthe
La grogne des employés s’intensifie
Par: Benoît Lapierre

Daniel Laroche, président du Syndicat CISSSME-CSN, et France Daigneault, vice-présidente territoire Richelieu-Yamaska (en arrière plan à gauche), au cours du dîner syndical de vendredi dernier. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Après les infirmières, qui ont manifesté devant le centre d’hébergement au mois de mars, c’est au tour des préposés aux bénéficiaires et des employés de soutien de l’Hôtel-Dieu-de-Saint-Hyacinthe d’afficher leur ras-le-bol des conditions dans lesquelles ils doivent accomplir leur travail.

Lundi midi, bon nombre d’entre eux se sont réunis à l’extérieur de l’édifice pour casser la croûte avec leurs banderoles CSN, en signe de protestation. « Rien ne va plus au Centre d’hébergement Hôtel-Dieu-de-Saint-Hyacinthe », a résumé Daniel Laroche, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie Est (CISSSME-CSN).

Les bris de services, le personnel non remplacé et le temps supplémentaire obligatoire (TSO) sont autant de situations et de pratiques administratives qui épuisent le personnel et face auxquelles, affirme-t-il, les employés sont maintenant révoltés. Sur une période de 24 heures, ce sont environ 300 préposés en employés de soutien qui, en principe, devraient se relayer à l’Hôtel-Dieu pour en assurer la bonne marche. Or, explique-t-il, cette cadence est fréquemment brisée par les absences non comblées.

« Du vendredi 26 avril au lundi 29 avril, selon nos chiffres, il manquait 41 préposés aux bénéficiaires à l’Hôtel-Dieu-de-Saint-Hyacinthe, ce qui représente la moitié des effectifs normaux », a souligné M. Laroche pour illustrer les surcharges de travail qui entraînent, inévitablement, une réduction de la qualité des services donnés. Il ajoute, chiffres officiels à l’appui, que les 5300 membres du Syndicat en Montérégie-Est ont dû accomplir 139 000 heures supplémentaires entre le 1er avril 2018 et le 2 février 2019, dont 813 heures supplémentaires obligatoires.

« Moi, ça fait 28 ans que je défends mes troupes bec et ongles et là, je peux vous dire que les employés sont vraiment épuisés. Nous, nous sommes les employés les plus près de la clientèle. Cette clientèle est toujours la même et on s’y attache énormément. De voir ces gens manquer de soins à cause du manque de personnel, ça vient me chercher », a témoigné France Daigneault, vice-présidente du Syndicat, territoire Richelieu-Yamaska.

Mme Daigneault se décrit comme une passionnée au travail et une passionnée des rencontres avec l’employeur, qui entend bien pousser les revendications de ses membres jusqu’au bout. « On va revenir, c’est garanti ! », a-t-elle lancé, en parlant d’autres actions à venir comme celle de vendredi dernier.

La CSN se prépare actuellement aux négociations en vue du renouvellement de la convention collective de ses travailleuses et travailleurs du secteur de la santé. Le cahier des demandes à l’échelle nationale doit être déposé le 31 octobre, a indiqué Daniel Laroche.

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