27 septembre 2012
La Guerre de 1812 et le Bas-Canada (1)
Par: Le Courrier
À gauche, George Prévost, par Jean-Baptiste Roy-Audy. Collection du Musée du Château Ramezay, Montréal. À droite, William Hull, pastel de James Sharples S. Collection de la ville de Philadelphie.

À gauche, George Prévost, par Jean-Baptiste Roy-Audy. Collection du Musée du Château Ramezay, Montréal. À droite, William Hull, pastel de James Sharples S. Collection de la ville de Philadelphie.

À la lecture du contenu de plusieurs sites web traitant de la Guerre de 1812, il m’est apparu que les lecteurs de cette chronique seraient intéressés par certains faits concernant les actions de la Milice du Bas-Canada au cours de ces affrontements.

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À la lecture du contenu de plusieurs sites web traitant de la Guerre de 1812, il m’est apparu que les lecteurs de cette chronique seraient intéressés par certains faits concernant les actions de la Milice du Bas-Canada au cours de ces affrontements.

Malgré le fait incontestable que la Guerre de 1812 à 1815 a eu pour territoire principal le Haut-Canada et le nord des États-Unis, il n’en demeure pas moins que le rôle de la Milice du Bas-Canada a été déterminant en plusieurs occasions. Voyons un peu le contexte.Au printemps 1812, la menace d’une guerre imminente poussa les Britanniques à consolider leur force militaire en Amérique du Nord. La grande majorité des soldats formant les troupes coloniales chargées de se battre contre les Américains étaient certes Anglais, Irlandais et Écossais, mais il est à noter que des Canadiens-français s’enrôlèrent également et qu’ils se démarquèrent. Le 15 avril, le lieutenant-général sir George Prévost, gouverneur de l’Amérique du Nord britannique et commandant des forces armées, forma une unité provinciale d’infanterie légère au Bas-Canada. Cette unité prit le nom de Voltigeurs de Québec. Les Voltigeurs étaient des soldats de carrière. Ils étaient originaires du Bas-Canada qui les payait. Ils ne faisaient pas partie de l’Armée britannique régulière. Les dirigeants américains avaient supposé que le Canada serait conquis facilement. L’ancien président Jefferson, très optimiste, pensait d’ailleurs que cette conquête ne serait qu’une simple formalité. En effet, étant donné que le Haut-Canada était habité par de nombreux émigrants américains, les deux camps supposèrent, à tort, que cela favoriserait l’avancée des troupes d’invasion. Dans le Bas-Canada, beaucoup plus peuplé, la Grande-Bretagne était soutenue à la fois par l’élite anglaise, très loyale envers l’Empire, et par l’élite française qui craignait que la conquête américaine ne détruise l’ordre ancien, en introduisant le protestantisme, l’anglicisation, la démocratie républicaine et le capitalisme. La crainte existait également que l’arrivée d’immigrants américains ne réduise la superficie de bonnes terres disponibles.Les États-Unis choisirent de commencer les combats au niveau de la frontière occidentale. Ce choix fut motivé par le fait que c’est dans cette zone que les habitants étaient les plus favorables à une guerre contre le Royaume-Uni, lequel avait vendu des armes aux Amérindiens pour empêcher l’installation des colons. Les combats se sont déroulés dans l’ouest du pays, principalement autour du lac Érié, autour de la rivière Niagara entre le lac Érié et le lac Ontario, ou à proximité du fleuve Saint-Laurent et du lac Champlain.Le 18 juin 1812, les États-Unis d’Amérique déclarent la guerre à la Grande-Bretagne. Les habitants de l’Amérique du Nord britannique se voient soudain plongés dans de rudes combats qui vont mettre leur courage à l’épreuve. Au cours des trois années qui vont suivre, le Haut et le Bas-Canada allaient devoir repousser des invasions. Fermiers et commerçants de ces territoires de l’Ouest se voyant forcés de quitter leur famille et de prendre les armes pour défendre les fondements mêmes de leur style de vie. En laissant tout ce qui leur était cher pour se porter à la défense de leurs terres pendant la Guerre de 1812, les Canadiens faisaient preuve d’un courage et d’une résistance à toute épreuve.Le 12 juillet 1812, le général de brigade américain William Hull quitta Détroit pour pénétrer au Canada, avec une armée composée essentiellement de miliciens. Une fois sur le sol canadien, Hull publia une proclamation ordonnant à tous les sujets britanniques de se rendre, « ou bien les horreurs et les calamités de la guerre s’abattront sur vous ». Il menaça également de tuer les prisonniers britanniques qui combattaient aux côtés des Indiens. Cette déclaration eut l’effet inverse de celui désiré, et contribua à renforcer la résistance quant aux attaques américaines.Les Canadiens-français, motivés par le sentiment anticatholique très répandu aux États-Unis, et les loyalistes, qui avaient combattu pour la Couronne au cours de la guerre d’Indépendance, étaient fermement opposés à l’invasion américaine. Une grande partie de la population du Haut-Canada était composée de colons récemment venus des États-Unis, qui ne manifestaient aucune loyauté évidente envers la Couronne. Néanmoins, bien que des personnes sympathisèrent avec les envahisseurs, les forces américaines rencontrèrent en général une forte opposition.Au Bas-Canada, le sens du devoir avait des origines plus complexes, la population largement francophone n’étant que depuis peu passée sous la domination britannique. Malgré les doutes de Prévost, la Milice du Bas-Canada a généralement bien répondu à l’appel. On constate même que le futur leader politique et chef radical dans les rébellions tumultueuses du Bas-Canada de 1837 et de 1838, Louis-Joseph Papineau, a servi comme officier dans le 5th Battalion of the Lower Canada militia au cours de la guerre de 1812.

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