7 février 2013
La « juste part »
Par: Pierre Bornais
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C’est l’expression officielle utilisée à toutes les sauces par Québec pour justifier les coupures du financement public dans pratiquement tous les secteurs. Invoquant la situation catastrophique des finances publiques au moment de prendre le pouvoir, le gouvernement coupe à droite et à gauche au nom du bien commun.

Tout le monde est mis à contribution pour atteindre le fameux déficit zéro prévu à court terme. Dans une vision égalitariste de la société québécoise, ce coup d’arrêt – pour ne pas dire ce recul – s’applique à tous les secteurs ou presque. Sans grand discernement et sans trop s’interroger sur les répercussions réelles à plus long terme? Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement se dit « consterné » de l’état des finances publiques à son arrivée au pouvoir. Généralement, on se garde une petite gêne et on attend d’avoir une image plus claire de la situation avant de dépenser (promesses électorales) et de prendre les mesures correctives requises. Mais avec la notion de « juste part » devenue un véritable credo, tout le monde passe « au cash », même si au final le temps d’arrêt ou le recul imposé sera néfaste pour l’avenir. Par exemple, comment ne pas être surpris quand on entend un ministre de la Santé, chercheur de profession, annoncer et justifier des coupes de 10 millions de dollars dans la recherche. En fait, il s’agirait de reculer pour mieux sauter! La situation ne manque pas d’ironie. À Ottawa, un gouvernement majoritaire s’entête à détricoter le Canada, effectuant des coupes sauvages, sans tenir compte de la « juste part » et des répercussions futures. À Québec, le discours est axé sur le savoir, mais la réalité étête sans discrimination tout ce qui représente l’avenir d’un pays à construire. Peut-on parler d’alliés objectifs dans un tel cas?

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