26 juillet 2018
Monastère des Adoratrices du Précieux-Sang
La lampe du sanctuaire a été éteinte
Par: Marie-Pier Leboeuf
Mgr Christian Rodembourg a célébré la dernière eucharistie de la chapelle avant la fermeture du monastère des Adoratrices du Précieux-Sang.

Mgr Christian Rodembourg a célébré la dernière eucharistie de la chapelle avant la fermeture du monastère des Adoratrices du Précieux-Sang.

Les chœurs liturgiques ont résonné très haut dans la chapelle du Précieux-Sang, dimanche, devant une salle bondée de paroissiens venus assister au rituel de désacralisation de l’édifice religieux. Cette ultime célébration a mis fin à un pan de l’histoire des Sœurs adoratrices avant le changement de vocation du monastère. 

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L’évêque Christian Rodembourg s’est avancé à l’autel de la chapelle pour amorcer cette dernière eucharistie. D’entrée de jeu, il a ouvert cette cérémonie « bien particulière » avec un brin de nostalgie et de reconnaissance pour « tout ce qui s’est vécu de grand, de beau et de bien au nom de Dieu dans ce monastère ». « Prions ensemble », a-t-il lancé aux nombreux fidèles, dans les premiers instants de cet office dominical.

Cette célébration a été le signe d’un grand bouleversement pour les Adoratrices, qui ont vécu cette communion comme une lourde charge d’émotions. Par respect pour les religieuses, l’homme d’Église n’a d’ailleurs jamais mis l’accent sur le « dernier » rassemblement en ce lieu de culte.

D’un ton rassurant, Mgr Rodembourg a tout de même retracé quelques morceaux de l’histoire avant que les Adoratrices ne fassent le deuil sur un passé riche en vécu. De septembre 1861 jusqu’au déménagement, il a notamment rappelé l’importance de cette première communauté contemplative au Canada, qui « de génération en génération, a su porter le monde et ses habitants dans leur bien quotidien ».

Après des remerciements et des éloges, Monseigneur a évoqué cette ère de changement responsable de la fermeture de plusieurs monastères comme celui de la rue Girouard.

Quoique discret, c’est le rituel de désacralisation qui a fait fondre en larmes plusieurs fidèles. C’était sans doute la façon la plus concrète d’annoncer qu’une nouvelle page de l’histoire venait de se tourner, ce qui fut un grand moment pour les célébrants et les Adoratrices. Sous les regards hypnotisés, le tabernacle a été vidé et la lampe du sanctuaire aussi vite éteinte. « Vous voyez, il n’y a plus de présence de Jésus », a observé Mgr Rodembourg.

Les yeux dans l’eau, encore sous le choc, Sr Clémence Proulx était encore loin d’oublier ce qu’elle venait de vivre. « J’ai compris que c’était devenu comme une maison ordinaire, même si, dans mon cœur, c’est encore la maison de Dieu », a-t-elle dit la voix rompue, mais avec un sourire tout aussi gracieux.

Une célébration bouleversante

Au terme de cette eucharistie, les fidèles se sont regroupés au jardin du cloître. Familles, amis et paroissiens ont louangé les Sœurs adoratrices avec des mots d’encouragement, de félicitations et de remerciements, qui se faisaient tous aussi rassurants pour les religieuses maskoutaines.

« C’est une grande émotion. Seigneur nous a préparé depuis quelques années en raison de notre vieillissement et du manque de relève, mais l’appui de toutes ces personnes présentes a fait chaud au cœur », s’est émue la supérieure générale des Adoratrices, Sr Micheline Proulx.

La congrégation des Adoratrices poursuivra désormais sa mission aux Jardins d’Aurélie. « Les racines ne meurent pas ici, il y en aura toujours. Ça continue de vivre dans les murs du monastère, mais d’une autre façon », a insisté Sr Gabrielle Jobin.

Présidée par Mgr Christian Rodembourg, une dernière eucharistie symbolique sera célébrée le 17 août à 14 h à la Cathédrale, pour le transfert du tombeau de la fondatrice du monastère du Précieux-Sang, Catherine-Aurélie Caouette, au columbarium. 

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