28 mars 2013
La légende de Sarila : un défi 100 % québécois
Par: Le Courrier

Organisée dans le cadre de la Foire du livre de Saint-Hyacinthe, une activité unique a été offerte aux jeunes d’écoles primaires et secondaires de la région qui ont profité de la visite des producteurs Marie-Claude Beauchamp et Normand Thauvette pour visionner le making-of de La légende de Sarila, 1er film d’animation en 3D entièrement québécois, suivi de la présentation du film et d’une rencontre avec l’auteure du roman inspiré du film, Marielle Bernard.

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Les jeunes ont eu le plaisir d’en apprendre davantage sur les dessous de la réalisation 3D, ce qui, à écouter les producteurs, n’est pas une tâche facile. Il faut dire que Carpe Diem Film et TV Productions 10e Ave sont les premiers dans l’industrie de l’animation au Québec à s’être lancé dans l’aventure. Ce qui a d’ailleurs refroidi quelques investisseurs.

L’histoire, écrite par Pierre Tremblay et Richard Harvey, se situe dans le Grand Nord en 1910. Une tribu nomade inuite commence à manquer de vivres et trois chasseurs Pontoulik (Maxime Le Flaguais), Apik (Mariloup Wolfe) et Markussi (Guillaume Perreault) partent à la recherche de Sarila, un eldorado où la nourriture est abondante. Accompagnés de Kimi, un lemming, les héros feront tout pour accéder à leur quête et déjouer les pièges du chaman Croolik (Mario St-Amant). La réalisatrice et coproductrice Nancy Florence Savard a reçu le synopsis du film il y a douze ans. Avec seulement un court métrage d’animation à son actif, cette dernière savait qu’elle et les scénaristes avaient une longue aventure à parcourir. Elle a fait appel à Philippe Arseneau Bussière, également illustrateur jeunesse du duo Phil et Julie, à titre de directeur artistique. Ils ont été cogner à la porte de Carpe Diem Film près de cinq ans plus tard en proposant l’idée aux producteurs de concurrencer les géants hollywoodiens de l’animation. « L’exotisme du sujet avait un attrait, avance Marie-Claude Beauchamp. L’histoire relate un univers très circonscrit, très précis, et cela le rendait intéressant pour tout le monde, chez nous, mais aussi à l’étranger. » « En même temps, cela nous permettait de ne pas être comparés avec les autres films d’animation, poursuit Normand Thauvette. On s’est dit que ce sujet nous appartiendrait. »« On nous a reproché de ne pas avoir un second degré d’humour, renchérit-il. Mais ce n’est pas ce que l’on voulait. On n’est pas obligé de suivre cette marque de commerce. Beaucoup de films marchent bien sans un second niveau d’humour. On n’a qu’à penser à des films de Disney comme Bambi. » Avec un budget de 8,5 M$, les producteurs estiment être parvenus à tenir tête aux géants de l’animation comme Disney et Pixar dont les budgets frôlent parfois les 200 M$. Mais selon eux, il n’y avait pas matière à découragement.« Il y a aussi des films d’action qui sont faits avec un budget de 200 M$ et on ne s’empêche pas d’en faire pour autant », lance Mme Beauchamp. « C’est sûr que si l’on avait eu un plus grand budget, on l’aurait pris, précise M. Thauvette. Mais on a prouvé qu’il est possible de produire un film d’animation de qualité internationale et je trouve que l’on est allé assez loin avec les moyens que l’on avait. »Jusqu’à maintenant, plus d’une vingtaine de pays ont manifesté leur intérêt à acheter le film pour une sortie en salle alors que plusieurs films canadiens se vendent uniquement en DVD et à la télévision. Et les ventes concernant les livres, tant le roman que l’album illustré, sont également des plus positives. Un livre interactif illustré par Nicholas Aumais sera publié prochainement.

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