18 avril 2019
Musique
La magie de Bears of Legend
Par: Maxime Prévost Durand

Bears of Legend sera de passage au Cabaret André-H.-Gagnon samedi dans le cadre de sa tournée pour l’album A Million Lives. Photo gracieuseté

Lorsqu’ils créent de nouvelles chansons, les sept membres du groupe Bears of Legend se retrouvent en un même endroit et ils jamment. Pas question de composer chacun chez soi, c’est en groupe que tout se passe, et ce, depuis leurs débuts. La beauté dans tout ça, c’est que la magie finit toujours par opérer.

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Avec déjà deux disques à son actif, la formation folk de la Mauricie a usé de cette même formule pour donner naissance à sa plus récente offrande, A Million Lives, parue l’automne dernier. Le septuor viendra d’ailleurs présenter ce nouvel album samedi soir, le 20 avril, au Cabaret André-H.-Gagnon du Centre des arts Juliette-Lassonde.

Avec un résultat qui va dans une direction quelque peu différente des précédents Ghostwritten Chronicles et Good Morning Motherland, Bears of Legend s’est laissé guider par son intuition pour A Million Lives, avec des mélodies résolument plus pop sur certains morceaux comme « Only You ».

« La vérité, c’est qu’on n’a jamais eu une intention particulière en créant. C’est un peu une constante depuis le début du groupe. La seule intention qu’on a, c’est de ne jamais faire la même chose », affirme le chanteur David Lavergne, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER.

À travers leurs moments de complicité musicale, les membres laissent une belle place au hasard et chaque chanson prend vie d’une façon différente. « On y va avec la magie du moment, poursuit-il. On est toujours les sept à créer ensemble et l’idée de départ peut venir de n’importe qui d’entre nous. Parfois, c’est une idée très embryonnaire, puis d’autres fois, c’est très concret. »

Pour chaque album, les Bears se permettent donc d’emprunter de nouveaux sentiers. Cela dit, ils conservent tout de même l’essence du groupe sur chacun d’eux en reprenant une gamme variée d’instruments qui font leur signature, dont le violoncelle et l’accordéon qui se greffent aux claviers, aux guitares, à la batterie et à la basse.

Pour le dernier disque, on en retrouve toutefois un petit nouveau qui retient l’attention sur la pièce « I Need It » : le thérémine. Datant des années 1920, cet instrument à la sonorité particulière se joue… sans qu’on y touche. Il suffit de faire des mouvements près de lui pour produire des sons.

« On voulait mettre une touche dans la chanson comme si c’était la voix d’un fantôme. On sentait que ce n’était pas un violon que ça prenait, on voulait quelque chose de moins précis et de plus nerveux dans le son, raconte David Lavergne. Notre batteur [Francis Perron] connaissait déjà cet instrument-là. On en a acheté un et on l’a mis dans les mains de notre violoncelliste [Christelle Chartray] pendant trois semaines. C’était la première fois qu’elle en jouait. C’est extrêmement difficile à jouer, ça prend une grande précision, mais elle y est arrivée. C’est une belle petite bibitte, le thérémine. Je pense qu’à chaque show qu’on fait depuis le début de la tournée, on reçoit au moins une dizaine de messages pour savoir c’est quoi! »

Un projet de gang

Depuis le début de sa carrière, Bears of Legend est l’un des rares groupes de son envergure qui s’autoproduit. Il n’a ni maison de disque ni gérant, puis les membres s’occupent eux-mêmes de la direction artistique et de la réalisation des albums. David Lavergne a même créé sa propre agence de spectacles, La Tanière, et s’occupe d’autres artistes comme Angel Forrest et Andréanne A. Malette.

« Pendant longtemps, on a même fait notre propre distribution, mais à un moment, ça n’avait juste plus de sens, donc on fait affaire avec Propagande pour ça maintenant », souligne le chanteur.

Pour tout le reste, le groupe apprécie grandement son indépendance. « Le mot s’est passé rapidement [qu’on voulait rester indépendant]. C’est notre petit projet de gang », ajoute-t-il, reconnaissant au passage que le groupe a reçu sa part d’offres de maisons de disques au fil du temps.

La Beer of Legend?

Outre la musique, les membres de Bears of Legend partagent une autre passion : les bières de microbrasserie. Autoproclamés « épicuriens brassicoles », ils ont mis sur le marché récemment une bière spécialement conçue par la Microbrasserie À La Fût, de Saint-Tite. Son nom : la Beer of Legend.

Évidemment, l’appellation se veut un clin d’œil humoristique aux nombreuses fois où, accent francophone oblige, les gens se sont trompés en prononçant le nom du groupe.

« Ça allait de soi qu’on ait notre propre bière à un certain moment. On avait des pourparlers depuis longtemps pour s’associer avec une microbrasserie, mentionne David Lavergne. On a réuni tout ce qu’on aime de la bière. On ne fait pas une cenne avec ça. Le but, c’est surtout que les gens qui nous suivent s’intéressent aux produits locaux. »

D’ailleurs, une quantité limitée de cette gose houblonnée est habituellement disponible après leurs spectacles lorsque la salle le permet. Une occasion différente de vivre l’expérience Bears of Legend.

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