2 août 2018
Soutien de l’État au développement régional
La MRC a perdu 1,2 M$ en quatre ans
Par: Benoît Lapierre

Lorsque, en 2015, le gouvernement du Québec a légiféré pour mettre à exécution son plan visant le retour à l’équilibre budgétaire, du coup, la subvention annuelle de soutien au développement économique que recevait la MRC des Maskoutains a fondu de quelque 300 000 $, sans jamais être rehaussée par la suite.

La perte monétaire subie par la MRC dans cette réforme s’établit à ce jour à 1,2 M$. C’est ce qu’elle a obtenu en moins pour les années 2015, 2016, 2107 et 2018 par rapport à ce qu’elle recevait avant l’adoption du projet de loi 28, sanctionné le 21 avril 2015. Par cette loi, le gouvernement a notamment aboli les Conférences régionales des élus (CRÉ), qui avaient principalement pour mission de distribuer en région les subventions rattachées à divers programmes gouvernementaux. Durant ses dix années d’existence, la CRÉ Montérégie-Est a distribué environ 6 M$ dans ses neuf MRC pour des projets qui ont généré des investissements de 36 M$. C’est ce qu’avait affirmé le dernier président de la CRÉ Montérégie-Est, Michel Picotte, en se confiant au journal L’Avenir et des Rivières (Cowansville et Farnham) en novembre 2014, au moment de l’annonce de la dissolution des CRÉ.

Le gouvernement avait aussi éliminé l’obligation, pour les municipalités régionales de comté (MRC), de soutenir un Centre local de développement (CLD) puisque ce sont les MRC qui allaient dorénavant exercer directement, ou par le biais d’un organisme à but non lucratif, les compétences auparavant dévolues aux CRÉ et aux CLD en matière de développement régional.

Avant 2014, la MRC recevait 514 566 $ de l’État pour financer son CLD, ce à quoi ses 17 municipalités ajoutaient 497 375 $, constituant ainsi un budget global de développement d’un peu plus d’un million. Mais en juillet 2014, après un discours sur le budget annonciateur de compressions, le gouvernement a d’abord sabré 51 566 $ sur la subvention que devait recevoir le CLD cette année-là. Puis, en 2015, l’aide gouvernementale au développement économique a été réduite de 306 167 $, chutant à 208 399 $, soit une réduction récurrente de 306 167 $ par rapport aux subventions d’avant 2014. De leur côté, les municipalités avaient décidé de réduire leur propre contribution de 497 375 $ à 401 802 $, de sorte que le budget « CLD » s’en est trouvé réduit de 401 740 $.

Aujourd’hui, l’aide gouvernementale ramenée à 208 399 $ est puisée à même le Fonds de développement des territoires (FDT), représentant 824 327 $ en 2018, l’unique enveloppe gouvernementale maintenant versée à la MRC et qu’elle utilise selon ses besoins. Une somme de 333 913 $ est notamment alloué aux projet de développement ruraux, en remplacement de l’ancien fonds du Pacte rural, lui aussi aboli. « Le FDT est devenu notre seul levier économique. Il a comblé en partie les sommes que nous recevions avant », a expliqué Charles Fillion, directeur de Développement économique des Maskoutains (DEM), le service de la MRC qui a pris la relève du CLD, dont il était aussi le directeur.

M. Fillion a mentionné qu’après les compressions budgétaires qui ont marqué la disparition du CLD, trois postes administratifs que DEM n’aurait pu maintenir ont été intégrés dans la structure Saint-Hyacinthe Technopole, créée au même moment par la Ville de Saint-Hyacinthe. « Nous avons été chanceux. Nous sommes l’un des rares CLD où il n’y a pas eu de pertes d’emplois », souligne-t-il.

Si l’on en croit le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, les régions n’ont nullement souffert de la disparition des CRÉ et de la sévère réduction de l’aide financière aux CLD, telles que nous les connaissions. « Depuis 2014, le Québec va mieux et nos régions ont un nouvel élan », déclarait-il en février 2018, dans son communiqué annonçant la mise en place des nouveaux « pôles régionaux d’innovation ».

image