14 janvier 2016
Dézonage pour Exceldor
La MRC appuie, l’UPA s’interroge
Par: Benoît Lapierre
La Ville de Saint-Hyacinthe tentera de faire exclure de la zone agricole une terre de 50 hectares bordée, entre autres, de l’avenue Pinard et du Grand Rang afin d’agrandir le parc industriel ­Olivier-Chalifoux, dans la partie ouest de la ville. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe tentera de faire exclure de la zone agricole une terre de 50 hectares bordée, entre autres, de l’avenue Pinard et du Grand Rang afin d’agrandir le parc industriel ­Olivier-Chalifoux, dans la partie ouest de la ville. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe bénéficie de l’appui de toutes les municipalités de la MRC des Maskoutains dans la démarche qu’elle entreprend pour qu’une superficie de 50,19 hectares soit exclue de la zone agricole afin de lui permettre d’agrandir d’autant le parc industriel Olivier-Chalifoux.

La demande qui sera adressée à ce sujet à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a reçu ­l’approbation unanime des maires ­(Raymonde Plamondon, de Saint-Valérien, était absente), à leur séance publique du 25 novembre. Tous savent que la requête de Saint-Hyacinthe concerne le projet de la coopérative avicole Exceldor de reloger son abattoir de Saint-Damase dans une ­nouvelle usine à Saint-Hyacinthe, pour la rapprocher de l’autoroute 20.

Même le maire de Saint-Damase, ­Christian Martin, s’est rangé du côté de ses collègues pour l’adoption de la résolution d’appui à Saint-Hyacinthe. Joint par LE COURRIER, le maire Martin a indiqué que des représentants d’Exceldor l’avaient rencontré il y a deux ou trois mois pour lui exposer les projets de l’entreprise. « Ils sont en étude exploratoire pour déterminer s’ils doivent moderniser leur usine de Saint-Damase ou en construire une neuve à Saint-Hyacinthe. Si c’est vraiment leur volonté d’aller à Saint-Hyacinthe, au moins, on pourra garder l’entreprise dans la région. Pour les employés de Saint-Damase, voyager d’ici à Saint-Hyacinthe, ce serait un moindre mal », a expliqué M. Martin.

Le directeur général de la MRC, Gabriel Michaud, a indiqué que le dossier de Saint-Hyacinthe n’était pas encore prêt pour sa présentation à la CPTAQ et qu’il s’agissait donc, pour l’instant, d’un appui politique accordé à la ville-centre. « Quand une entreprise est installée quelque part, notre premier objectif, c’est de la garder à cet endroit. Dans le cas d’Exceldor, c’est Saint-Damase, mais si leur volonté est d’aller ailleurs dans la région, on doit les accompagner là-­dedans pour les garder chez nous », a-t-il commenté.

Les trois lots totalisant 50 hectares que la Ville de Saint-Hyacinthe souhaite faire dézoner à des fins industrielles sont ­toujours cultivés par la famille Overbeek, l’ancien propriétaire. Cette terre à maïs dont la municipalité a fait l’acquisition vers 2009 s’étend à l’est de l’avenue ­Pinard; elle est bordée au sud par le Grand Rang et les voies ferrées, au nord par le boulevard Choquette et à l’est, par l’avenue Bérard et l’emprise du segment inachevé du boulevard Casavant Ouest.

À l’Union des producteurs agricoles (UPA), de prime abord, on semble n’avoir rien contre une demande de dézonage faite à l’égard d’un projet émanant de ­l’industrie agroalimentaire. Mais le ­président du Syndicat de l’UPA de la Vallée maskoutaine, André Mousseau, y met tout de même un bémol. « Au comité de liaison de la MRC, on a entendu parler qu’une grosse usine voulait venir s’implanter à Saint-Hyacinthe. Nous, à l’UPA, on dit ­depuis le début qu’on est prêt à appuyer des choses, quand c’est du domaine de l’agroalimentaire. Mais je ne sais pas si ça prend autant d’hectares pour le projet d’Exceldor, ou s’il n’y a pas autre chose. On veut s’assurer que le but recherché ­correspond à la demande, on s’attend à ce que ce soit raisonnable. »

M. Mousseau dit comprendre que les ­municipalités se tournent vers L’UPA quand elles en ont besoin, mais en ­revanche, il aimerait qu’elles prennent ­aussi en compte les besoins de l’UPA, ­notamment dans le contexte de la croissance vertigineuse de la valeur des terres en Montérégie Est. « Ça fait longtemps qu’on demande aux municipalités d’appliquer un taux différé pour les propriétés agricoles, comme l’a fait Saint-Damase. »

Il signale que le programme gouvernemental de crédit de taxes agricoles ne met pas les agriculteurs à l’abri de toute ­augmentation de taxe foncière. « Ce ­programme en est un de soutien à ­l’agriculture, pas de soutien aux ­municipalités », a-t-il conclu.

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