27 octobre 2011
Zones exposées aux glissements de terrain
La MRC resserre sa réglementation
Par: Le Courrier

Les normes applicables aux travaux réalisés dans les zones exposées aux glissements de terrain seront considérablement resserrées sur le territoire de la MRC Les Maskoutains.

Alors que les normes actuelles tiennent en une page, la nouvelle réglementation abordera une foule d’éléments, dont les travaux de construction, les types de construction, les usages, les remblais, les infrastructures routières, la pente du talus, le niveau de risque.

« Les normes seront beaucoup plus précises qu’avant. Et pour tous les projets, il faudra maintenant l’expertise d’un ingénieur en mécanique des sols », a résumé le directeur de l’aménagement à la MRC, Réal Campeau. Il a expliqué qu’à la suite du glissement de terrain qui a décimé une famille entière – un couple et leurs deux filles – à Saint-Jude le 10 mai 2010, le ministère de la Sécurité publique avait fortement recommandé à la MRC de changer ses normes suivant le guide de 2005 relatif aux dépôts meubles.Lorsque la nouvelle règlementation entrera en vigueur, ce qui sera chose faite avant la fin de l’année, les 17 municipalités de la MRC disposeront de six mois pour s’y ajuster en adoptant elles-mêmes un règlement de concordance.

Cartographie incomplète

Plusieurs zones exposées aux glissements de terrain sont identifiées au schéma d’aménagement de la MRC, dont la portion de la rivière Salvail où est survenue la tragédie de Saint-Jude; l’endroit était cependant considéré « à faible risque » de mouvements du sol avant le drame.

Mais il n’existe aucune donnée pour la partie du territoire qui s’étend au sud de l’autoroute 20 et qui englobe 10 municipalités en totalité ou en partie, dont Saint-Hyacinthe. M. Campeau a précisé que seuls les secteurs à risque qui se trouvent au nord de l’autoroute 20 ont été cartographiés durant la période 1978-1980, donc il y a plus de 30 ans. Plusieurs zones suspectes existent pourtant au sud, comme le démontrent les glissements de terrain qui se sont récemment produits le long de la rivière Noire à Saint-Pie et à Saint-Valérien. Et à Saint-Hyacinthe, a-t-on appris à la fin de l’été, une partie de la berge de la rivière Yamaska longeant la route 231 devra être consolidée par le ministère des Transports au coût de 4,3 millions $. Ce secteur-là non plus n’est pas identifié comme étant à risque.L’absence d’une cartographie complète des zones exposées aux glissements de terrain dans la MRC Les Maskoutains crée de l’inquiétude dans la partie sud. La Ville de Saint-Pie, de même que la municipalité de Saint-Damase, sur la Yamaska, ont adressé des requêtes au gouvernement afin que cette situation soit corrigée le plus rapidement possible. La MRC les a appuyées dans leur démarche, mais M. Campeau doute que cette cartographie puisse être réalisée avant plusieurs années par le ministère des Transports, le seul à compter dans ses effectifs une équipe de spécialistes en géotechnique.

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