27 septembre 2012
Gel des périmètres urbains
La MRC va agir… mais subir aussi!
Par: Le Courrier
Les nouvelles orientations gouvernementales en matière de développement urbain sèment l'inquiétude dans la région, comme le démontre la forte participation à la séance d'information que la Chambre de commerce a donnée sur le sujet la semaine dernière, au Centre aquatique.

Les nouvelles orientations gouvernementales en matière de développement urbain sèment l'inquiétude dans la région, comme le démontre la forte participation à la séance d'information que la Chambre de commerce a donnée sur le sujet la semaine dernière, au Centre aquatique.

Quoi qu’elles tentent pour empêcher le gel de leurs périmètres urbains, il y a peu de chance que les 17 municipalités de la MRC Les Maskoutains échappent aux effets des nouvelles orientations gouvernementales qui les concernent.

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C’est sans doute ce qu’ont compris ceux qui ont assisté la semaine dernière à la séance d’information que la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains a tenue au Centre aquatique sur le thème « le Plan métropolitain applicable à la MRC des Maskoutains : subir ou agir ». Plus d’une centaine de citoyens avaient répondu à l’invitation de la Chambre, ce qui illustre l’importance qu’on accorde à ce dossier dans la région.

Parmi ces gens se trouvaient d’ailleurs bien des maires et des conseillers municipaux inquiets, en quête d’explications apaisantes qui ne sont pas venues.D’entrée de jeu, Bernadette Doyon, l’avocate qui animait la séance en compagnie de Réal Campeau, l’urbaniste de la MRC, a rappelé que c’est le refus qu’a essuyé au printemps la municipalité de Saint-Damase qui a révélé à tous l’existence des nouvelles orientations gouvernementales qui touchent les 15 MRC périmétropolitaines – dont Les Maskoutains – entourant la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) au nord et au sud du Saint-Laurent. L’ex-ministre Laurent Lessard, le prédécesseur de Sylvain Gaudreault aux Affaires municipales, a bloqué un projet de lotissement à Saint-Damase sur 13,1 hectares de terre dont la Commission de protection du territoire agricole (CPTAQ) avait pourtant autorisé le dézonage. Le ministre Lessard avait expliqué à la MRC que ce projet allait à l’encontre de l’orientation numéro 10 de l’ « addenda modifiant les orientations gouvernementales en matière d’aménagement pour le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal en vue de l’élaboration d’un plan métropolitain d’aménagement et de développement ». Me Doyon a mentionné que ce titre avait trompé bien des gens, ne permettant pas de deviner qu’il annonçait des mesures visant directement le territoire des Maskoutains, entre autres.« C’est bien beau de tenir compte de la Communauté métropolitaine de Montréal, mais il faut aussi tenir compte des municipalités rurales. Les jeunes familles, les emplois sont là », a plaidé le maire de Saint-Damase, Germain Chabot, devant un public déjà acquis à sa cause.Une voix s’est malgré tout élevée pour se porter à la défense de la zone agricole, laquelle représente encore 96 % du territoire de la MRC, a signalé Réal Campeau. « Nous avons de belles grandes terres ici, mais plus ça va, plus on voit d’appartements et de logis prendre la place. Ça aussi, il faut y penser avant qu’il ne soit trop tard », a fait valoir une agricultrice, Rita Fournier, qui vit depuis 35 ans sur une ferme laitière du secteur de Sainte-Rosalie.« C’est clair : on a un jardin ici et on va le préserver », a voulu la rassurer le président de la Chambre de commerce, Claude Corbeil, qui est aussi commissaire à l’agriculture au Centre local de développement (CLD) Les Maskoutains.Le directeur général de la MRC, Gabriel Michaud, a expliqué qu’à Québec, on semblait vouloir imposer aux MRC contigües à la CMM les mêmes mesures que celles qui s’appliquent à ce territoire, où la lutte à l’étalement urbain est commencée. « Est-ce qu’on finira par les imposer à tout le Québec? Je ne suis pas dans le secret des dieux », a-t-il avancé comme hypothèse. Il a signalé que Saint-Hyacinthe se trouve en compétition avec des villes comme Granby et Drummondville qui, elles, ne sont pas touchées dans leur développement par ces nouvelles restrictions, du moins pour le moment.M. Michaud a laissé entendre que les municipalités de la MRC Les Maskoutains, avant de pouvoir espérer obtenir de nouveaux espaces à développer à même la zone verte, devront d’abord exploiter au maximum les possibilités des périmètres d’urbanisation existants, en priorisant celui du pôle principal de services et d’équipements, c’est-à-dire la ville de Saint-Hyacinthe. En premier lieu, elles devront dresser un portrait complet des 17 territoires et de leur potentiel de développement, de même qu’un plan de développement de la zone agricole. « C’est un inventaire assez sérieux, assez complexe qu’on doit faire (…). Et la MRC ne pourra pas le faire à la place de tout le monde », a-t-il dit, en parlant de la tâche qui attend les municipalités.Sur le plan politique, les MRC visées par les nouvelles orientations sur le développement de la grande région de Montréal ont décidé de faire front commun en formant un comité périmétropolitain. À la MRC Les Maskoutains, c’est la préfet, Francine Morin, qui a été désignée pour y siéger.

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