19 avril 2012
Urgentologue, marin et philanthrope
La persévérance selon Robert Patenaude
Par: Martin Bourassa
Robert Patenaude a vraiment le mot persévérance tatoué sur le coeur, au sens propre comme au figuré!

Robert Patenaude a vraiment le mot persévérance tatoué sur le coeur, au sens propre comme au figuré!

Persévérance. Il n’y a pas de mot plus fort pour résumer et décrire le cheminement exceptionnel de Robert Patenaude. Persévérance, c’est le nom de son bateau, le nom du défi sportif caritatif qu’il a mis sur pied afin de soutenir la recherche contre le cancer et c’est surtout le mot le plus significatif à ses yeux.

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« Ce mot veut tout dire, confie-t-il avec enthousiasme. Il sous-entend les mots travail, motivation, réussite et espoir. C’est mon mot fétiche! »

La vie de Robert Patenaude est sans contredit teintée de travail, de réussite et d’espoir. Son ami et médecin traitant Claude Perreault, hématologue et chercheur à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, peut en témoigner. « C’est un homme passionné et passionnant, qui déborde d’énergie et qui ne compte pas les heures passées à aider les autres. C’est un être inspirant, un homme de coeur et d’action. »Urgentologue à l’Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe, M. Patenaude célèbre cette année ses 30 ans de guérison, lui qui aurait dû mourir en 1981 lorsqu’on lui a diagnostiqué une leucémie. « On m’avait donné 24 mois à vivre, se souvient avec émotion le Dr Patenaude. Il y a 30 ans, il n’y avait aucune option. Le miracle est arrivé peu après le diagnostic, sous la forme d’une greffe de moelle osseuse, un traitement expérimental auquel croyait beaucoup mon médecin, le Dr Perreault. Aux États-Unis, sur une cinquantaine de greffés, une dizaine avaient survécu. Je n’avais rien à perdre! Ma soeur Diane, décédée il y a 12 ans, a été ma donneuse. »Au cours de ses 30 années de rémission, il a complété ses études en médecine, entrepris une brillante carrière d’urgentologue et écrit quelques livres dont Survivre à la leucémie et 24 heures à l’urgence. Sur le plan personnel, il a sans cesse repoussé ses limites sur terre et sur mer, afin d’amasser des fonds pour soutenir les causes et les organismes qui lui tiennent à coeur, en lien avec le cancer.Il a donné de son temps à la Maison Victor-Gadbois de Saint-Mathieu-de-Beloeil qui offre des soins palliatifs aux personnes atteintes de cancer en phase terminale, préside la course Terry-Fox à Beloeil, est porte-parole de l’IRIC et a fondé le Registre canadien des donneurs de moelle osseuse pour l’est du Canada.Pour toutes ces raisons et pour souligner son engagement de tous les instants envers la recherche contre le cancer, Le Courrier de Saint-Hyacinthe et la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains sont heureux de décerner le titre de Personnalité du mois d’avril à Robert Patenaude.

De médecin à malade

Natif de Beloeil, Robert Patenaude a vu le jour à la fin des années 1950 dans une famille qui tirait le diable par la queue. De son père artiste peintre et sculpteur, mort trop tôt à l’âge de 55 ans, il retient cependant de grandes leçons de vie.

« Travaille fort et le luxe se paie comptant, pas à crédit ou dans six mois sans intérêt, c’est ce que m’a appris mon père et ce que je mets en pratique tous les jours. »Il a fait ses études à la polyvalente de Beloeil et au Cégep Édouard-Montpetit avant de se diriger tout naturellement vers la médecine, même s’il n’avait pas nécessairement les moyens de ses ambitions, au niveau financier. « Pour payer mes études, j’ai livré de la pizza et des mets chinois. On demeurait à quatre gars dans un trois et demi. J’ai même emprunté 10 000 $ à la Banque Nationale pour joindre les deux bouts et finir avec environ 100 000 $ de dettes, considérant le détour forcé provoqué par ma maladie. Mais faire ma médecine demeure le meilleur investissement de ma vie. »Sa leucémie allait transformer sa vie pour le mieux. Elle a fait de lui un meilleur homme et un meilleur médecin. Sa maladie et surtout toutes les années gagnées grâce à sa greffe de moelle osseuse réussie lui ont donné envie de se donner à fond pour sauver des gens. C’est à cela qu’il a décidé d’occuper la majeure partie de sa vie. À soigner, à réconforter les malades et à soutenir la recherche contre le cancer.Après avoir pratiqué sur la Côte-Nord et à Montréal où il a été chef des soins intensifs dans deux hôpitaux, Robert Patenaude a mis le cap vers sa région natale et jeté l’ancre à l’urgence de l’Hôpital de Saint-Hyacinthe en 1996. « Ce qui est intéressant ici c’est que les patients sont hospitalisés au nom d’un médecin de famille, ce qui favorise le suivi et facilite l’interaction entre le médecin de famille et les spécialistes. Nous travaillons beaucoup en équipe et avec l’objectif commun que le patient recouvre la santé le plus vite possible. C’est très stimulant. »

Et vogue le navire

Pour souligner ses 30 ans de guérison, Robert Patenaude ne va pas faire les choses à moitié. Il a décidé de s’offrir un congé sabbatique de cinq mois. « Une sabbatique est un grand mot, raconte-t-il en riant. Je vais travailler fort pendant cette période. Je ne m’en vais pas m’étendre sur une plage pour lire un roman! »

En juin, il prendra le départ de la Transat anglaise en double, une course transatlantique qui reliera Plymouth, en Angleterre, à Newport, aux États-Unis.« La course en haute mer, c’est un autre monde, c’est libérateur et cela m’amène complètement ailleurs par rapport à mon quotidien. J’ai découvert la voile à l’adolescence et c’est une véritable passion », mentionne celui qui a réalisé un exploit hors du commun en devenant, en 2009, le tout premier Canadien de l’histoire à remporter la prestigieuse course de voiliers Bermuda One-Two.Fin juillet, il sera au départ de la Transat Québec Saint-Malo au sein d’un équipage de quatre marins. Il reviendra sur la terre ferme à temps pour participer au Défi Persévérance 2012, une activité qu’il a mise sur pied pour soutenir l’IRIC. Le défi prend la forme d’une randonnée en vélo de 105 km, suivie d’une course à pied de 21 km.« Toutes mes activités s’autofinancent et 100 % des dons recueillis vont à la recherche sur le cancer. L’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie réalise des miracles avec des moyens réduits, je suis bien placé pour en parler. Je dis aux gens de donner ce qu’ils peuvent et d’être heureux. Et ça fonctionne assez bien! »Les actions philanthropiques de Robert Patenaude ont généré plus de 1,25 M$ en dons au bénéfice de l’IRIC depuis cinq ans. Et il ne compte pas en rester là!

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