30 novembre 2017
Décès d’André H. Gagnon
La perte d’un sage
Par: Martin Bourassa

Le vide laissé par le décès de l’homme d’affaires et philanthrope maskoutain André H. Gagnon est immense, à l’image du chagrin de ses proches, à commencer sans aucun doute par celui de sa Lucie, sa Lulu, qu’il aimait tant et qu’il chérissait comme la prunelle de ses yeux. L’amour avec un grand A. Ils étaient beaux à voir ensemble.

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Avec le décès de M. Gagnon, la communauté maskoutaine perd un phare qui savait éclairer le débat public et s’élever au-dessus de la mêlée en priorisant l’intérêt collectif, bien avant son intérêt personnel. Il était une boussole. Un sage avec un grand S.
André H. Gagnon était un sacré personnage, un intouchable devenu plus grand que nature depuis qu’il s’était hissé au rang de héros local en pulvérisant les attentes placées en lui lors de la campagne de financement pour la construction du centre des arts. Une réussite avec un grand R pour un pari qui était loin d’être gagné d’avance.
Depuis ce temps, M. Gagnon n’avait cessé de redonner au suivant et à sa communauté qu’il adorait, lui qui a fait de si grandes choses en tant que marchand franchisé et actionnaire de Rona. Son succès en affaires, il l’a obtenu à la sueur de son front, en ne comptant pas ses heures, en étant fidèle au poste et à sa clientèle, même affaibli par les traitements et la maladie qui ont miné 16 ans de sa vie. Il était toujours présent avec le sourire et avec une parole réconfortante, que ce soit dans son commerce, au restaurant, dans les diverses activités du milieu ou au centre des arts.
Il n’a pas réussi en affaires en pilant sur les pieds de ses compétiteurs. Bon et respectueux de nature, on se doute également qu’il devait être un patron exemplaire. Travailleur infatigable malgré les assauts brutaux et répétés du cancer, il ne s’est jamais plaint et n’a jamais rechigné à aider son prochain
Pas étonnant que les messages d’affection adressés à son endroit depuis une semaine soient aussi élogieux, respectueux et admiratifs. Même s’il est coutumier de saluer les accomplissements des défunts, nous n’avons que très rarement été témoins d’une telle unanimité, d’une telle ferveur dans la reconnaissance envers un disparu.
N’avait-il que des amis? Nous sommes portés à le croire, même s’il prétend le contraire dans sa biographie. « Je n’irai pas discuter longuement avec quelqu’un qui m’a un jour planté un couteau dans le dos, mais je vais le saluer poliment. Ceux que j’aime le savent et ceux que je n’aime pas ne le savent pas : je les ignore. »
Ses réflexions et confidences, tout comme ses sorties parfois imprévisibles, vont nous manquer cruellement. Mais pas autant que son amitié et son sourire espiègle. Parmi ses autres enseignements, nous en retiendrons un dernier : « Avec un bon vin, on a toujours besoin de deux bouteilles, car on le boit avec des gens qu’on aime. »
Salut et merci M. Gagnon, vous nous manquez déjà.

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