16 mai 2013
Les dernières semaines d’une institution bicentenaire
La priorité aux élèves et à leur réussite
Par: Le Courrier

Depuis des semaines, l’avenir du Collège Antoine-Girouard a fait couler beaucoup d’encre et entretenu des conversations animées. Une fois la fermeture annoncée, reste néanmoins 562 adolescents qui comptent bien profiter de leur école jusqu’à la dernière seconde.

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« C’est le message que j’ai lancé aux élèves devant le constat d’échec du projet de la commission scolaire, raconte le directeur Dominique Lestage. On ne peut rien y changer, ni comme élève ni comme directeur. Mais j’ai proposé qu’on se tourne vers la réussite scolaire et qu’on construise les plus beaux moments ensemble, qu’on garnisse l’album souvenirs de notre passage au Collège Antoine-Girouard pour se rappeler de ce qui est beau, pas de ce qui aura entouré la fin. »

Un comité de vigilance a été mis sur pied afin de rester bien au fait de ce qui se passe au quotidien dans l’école. Formé d’élèves, de parents et d’employés, le comité a déjà prévu certaines activités, toutes prétexte à créer de bons moments entre amis. Des dîners par niveaux, des activités spéciales et des journées thématiques sont à l’horaire. Le tout devrait culminer par des activités autour de l’école lors de la dernière journée de classe, le 12 juin. « Nous vivrons les moments de tristesse quand ils arriveront. D’ici là, il y a 562 élèves qui animent le collège. Au quotidien, notre école est bien vivante. Ce qui rend les adolescents heureux, c’est d’être entre eux, avec leurs amis », constate le directeur.D’ici à la fin des classes, les élèves et leur réussite scolaire ont été mis au centre de tout, encore plus qu’à l’habitude. De fait, l’annonce de la fermeture du CAG et la recherche précipitée d’une nouvelle école secondaire surviennent au moment de l’année qui compte le plus au bulletin scolaire final. « Peu d’écoles consacrent autant d’heures au sport que ce que les élèves retrouvaient chez nous et souvent, les volets sports sont déjà complets à ce moment-ci de l’année. Notre priorité est de transférer rapidement les dossiers des élèves et de s’assurer que chacun ait sa place, idéalement la place qu’il souhaitait. On veut réduire les inquiétudes. Nous tentons aussi d’aider les parents à travers ça. D’habitude, quand on choisit une école secondaire, on visite et on réfléchit pendant quelques semaines avant de prendre une décision. Là, on demande aux parents et aux élèves de revivre ça en 72 heures. »

Un milieu réuni

Une demi-journée pédagogique a aussi été consacrée à un atelier professionnel réunissant tous les employés du Collège Antoine-Girouard afin de les préparer à « vivre ensemble » les dernières semaines de l’année scolaire.

« Depuis plusieurs semaines, on a vu s’exprimer toutes sortes d’intérêts divergents. Chacun des groupes en présence a pris ses décisions en fonction de ses intérêts. Le mot d’ordre maintenant, c’est de se concentrer sur nos intérêts communs, sur ce qui nous rassemble, c’est-à-dire nos élèves et leur réussite. Nous voulons bien terminer cette dernière année scolaire, la 202e année scolaire de notre école », a souligné le directeur. D’autre part, malgré la situation financière difficile du CAG, les préavis légaux de licenciement seront respectés et les employés pourront toucher un préavis excédentaire, c’est-à-dire une indemnité de départ. « Bien entendu, ce ne seront pas des sommes astronomiques, mais le conseil d’administration a pris des décisions responsables pour terminer les choses convenablement », a noté M. Lestage, en précisant que le mode de répartition de ces dernières ressources n’avait pas encore été établi.

Un deuil

En écoutant parler le directeur, on entend bien l’émotion qui l’habite lorsqu’il parle de « son collège » au passé.

« De notre côté, je peux affirmer que toutes les relances possibles ont été pensées et présentées. C’est très difficile pour le Collège Antoine-Girouard d’obtenir du financement autrement que par le Séminaire, puisqu’il ne possède pratiquement aucun actif à offrir en garantie. Sans le Séminaire pour financer la relance, la fermeture s’imposait comme la seule solution », dit-il avec regret. Il faut dire que Dominique Lestage est lui-même un finissant de l’institution bicentenaire, qu’il n’a jamais vraiment quittée. « J’y ai toujours été rattaché d’une manière ou d’une autre. C’est ma deuxième famille. La fermeture, c’est d’une immense tristesse. C’est un deuil qui a commencé et qui va se poursuivre pour plusieurs mois. Après, un bilan s’imposera, mais pour l’instant, je fais comme les élèves et je cherche à emmagasiner tous les bons souvenirs. »

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