19 mars 2015
La p’tite vite
Par: Martin Bourassa

Une semaine il se lève fièrement au conseil pour lancer le processus devant mener à la revitalisation du secteur; la semaine suivante, il apprend par la bande que le processus entraîne la démolition d’un bâtiment patrimonial. Quand on s’affiche comme lui comme un ardent défenseur du patrimoine, disons que ça paraît mal. Comme la démolition de la Goodyear n’était pas passée comme lettre à la poste, l’administration municipale s’est sans doute dit qu’il ne fallait pas courir aux devants des coups avec la E.T. Corset. Comme par hasard, on a lancé le processus de démolition à la veille de la semaine de relâche et sans l’annoncer ailleurs que sur une petite feuille collée sur l’immeuble isolé et désaffecté. Le comité de démolition a même semblé surpris de ne recevoir aucune observation de la population sur cette demande. Encore aurait-il fallu que ça se sache bordel! Sans doute inspirés par notre récente manchette, des citoyens perplexes ont réclamé des explications aux élus, lundi soir, au conseil municipal.

Le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, s’est défendu en disant que rien d’illégal n’avait été commis par la Ville et que toutes les règles avaient été respectées. Il a toutefois convenu du bout des lèvres qu’il y aurait sans doute moyen, à l’avenir, de mieux informer les élus, et ultérieurement la population. C’est très gentil de sa part.

Devant les critiques, la Ville a finalement décidé de mettre le pied sur le frein, consciente que le changement de zonage s’aventurait sur une pente glissante et qu’il pourrait sans doute être bloqué. On promet de rencontrer les résidants pour leur expliquer les intentions des promoteurs. Disons que c’est un minimum, car les interrogations sont nombreuses. Outre celles liées au projet du promoteur, j’y reviens ailleurs dans cette page, je m’interroge d’abord sur les moyens que prend la Ville pour éviter que des bâtiments à valeur patrimoniale tombent dans un état de décrépitude tel que seule la démolition semble être une option réaliste.

Quand je pense que la Ville se permet de venir me dire dans quelle direction je dois orienter mes gouttières sur mon terrain à la maison par exemple, je comprends mal qu’elle n’impose pas un minimum d’entretien à un propriétaire d’immeuble.

Surtout si l’immeuble en question se trouve sur un lot qui a fait l’objet d’une réserve foncière il n’y a pas si longtemps. Elle était bien placée pour l’avoir à l’oeil, non?

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