19 décembre 2013
Recyclage du verre
La Régie a conservé son débouché
Par: Le Courrier

Malgré la fermeture, au printemps, du centre de recyclage Klaréco, de Longueuil, qui absorbait 70 % de tout le verre récupéré au Québec, la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains trouve toujours preneur pour les pots et bouteilles vides qui sont détournés de l’enfouissement grâce à la collecte sélective.

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La Régie a joué de chance dans ce dossier, car le verre provenant de sa collecte sélective n’a jamais abouti chez Klaréco. Le verre traité par Klaréco était envoyé aux États-Unis, où il entrait dans la fabrication de la laine minérale.

Pour le tri de ses matières résiduelles, la Régie fait affaire avec Récupéraction Centre-du-Québec, de Drummondville, une entreprise d’économie sociale qui expédie son verre à l’usine du Groupe Bellemare, à Trois-Rivières, où il est transformé en un abrasif de sablage au jet.Mais le verre récupéré possède si peu de valeur sur le marché que le centre de tri doit verser une compensation au Groupe Bellemare pour qu’il accepte de le traiter. « Il y a un coût, mais d’un autre côté, il y aurait aussi un coût s’il fallait envoyer tout ça à l’enfouissement », signale le directeur général de la Régie, Réjean Pion.En fait, la Régie ne souffre pas trop de la pauvre valeur marchande du verre, car tout ce qu’elle envoie chez Récupéraction est trié gratuitement par cet organisme sans but lucratif qui ne se dégage pas de marge de profit; 40 % de l’approvisionnement en matières recyclables provient du territoire d’Acton et des Maskoutains. « Nous sommes à coût zéro, c’est prévu au contrat. Il n’y a que lorsque le prix des matières baisse que nous devons compenser, mais nous recevons des remboursements lorsque le prix remonte », explique Réjean Pion.Il calcule que grâce à l’entente qui a été conclue il y a huit ans, le coût net du tri pour toute cette période ne s’élève qu’à 18 000 $. Il prévoit même qu’au bout de 10 ans – il reste deux ans au dernier contrat – le tri n’aura rien coûté du tout à la Régie parce que le prix des matières est en remontée.Ce n’est sans doute pas grâce au verre que la Régie arrivera à ce résultat, mais M. Pion ne perd pas espoir. Il signale que le nouveau président de Recyc-Québec, Benoit De Villiers, a annoncé la mise sur pied d?un comité spécial qui se penchera sur le cas du verre, et que des projets novateurs sont en voie de réalisation, comme celui de la firme Tricentris, sur la Rive-Sud. Il s’agit de la construction d’une usine qui transformera le verre en fines particules (micronisation) pouvant être incorporées au béton et à l’asphalte, selon le résultat recherché. « Avec le verre, je pense que le succès va passer par un ensemble de mesures. La consigne pour les bouteilles de vin de la SAQ est aussi une question qui est sur la table. Ça pourrait s’appliquer aux vins embouteillés au Québec », croit-il.

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