11 février 2016
Les services de la ville-centre
La région doit assumer sa part, annonce Claude Corbeil
Par: Benoit Lapierre
La région doit assumer sa part, annonce Claude Corbeil

La région doit assumer sa part, annonce Claude Corbeil

Le maire Claude Corbeil durant son allocution. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le maire Claude Corbeil durant son allocution. Photo François Larivière | Le Courrier ©

En s’adressant, mardi midi, aux membres et invités de la Chambre de Commerce venus l’entendre discourir sur sa ville et les défis qui l’attendent, le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, avait un message à passer à tous les maires qui siègent avec lui à la MRC des Maskoutains.

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Devant une salle comble de 190 convives au restaurant l’Empanaché, il a annoncé son intention de rouvrir le vieil accord par lequel les municipalités apportent encore une maigre contribution au ­financement des services supralocaux que la ville-centre met à la disposition de toute la région.

« Nous voulons réviser l’entente ­supralocale avec les municipalités de la MRC. La Ville investit énormément pour offrir des services de qualité à ses ­citoyens et à ceux des municipalités avoisinantes, et il faut s’assurer que chaque municipalité assume sa part dans tout ça. C’est clair que c’est un sujet tabou, mais j’ai la ferme intention d’analyser les coûts », a-t-il déclaré.

Il en était rendu au douzième point de son allocation, thème qui portait sur « une actualisation des règles de ­gouvernances » à la Ville, ce qui englobe aussi bien les conventions collectives que les relations avec les municipalités voisines.

Il faut donc s’attendre à ce que ces mêmes relations redeviennent d’actualité au cours de 2016, comme ce fut le cas en 2009, lorsque Saint-Hyacinthe avait voulu élever son nouveau Centre des arts au rang des équipements supralocaux normalement supportés par toutes les municipalités d’une même région. ­Devant la grogne que sa tentative avait provoquée, la Ville avait reculé.

Cette fois, ce sont les services de loisirs qui sont principalement visés. Le maire Corbeil a laissé entendre que les derniers ajustements en cette matière datait de 20 ans et que le temps était venu pour Saint-Hyacinthe de rouvrir le ­dossier, en s’inspirant de l’expérience ­vécue par d’autres villes-centres. À Drummondville, rapportait récemment le journal l’Express, la Ville récupèrera jusqu’à 800 000 $ par an à partir de 2019 grâce aux compensations progressives que 13 municipalités lui verseront pour les infrastructures supralocales en sport, loisir et culture.

À Saint-Hyacinthe, l’unique entente ­encore valide à ce sujet – loisirs et hockey mineur – date de 2002; elle concerne aussi le financement du défunt Bureau du tourisme et des congrès, maintenant fusionné à Saint-Hyacinthe Technopole.

14 axes

Outre sur la question des services supralocaux, le maire Corbeil n’avait rien de vraiment nouveau à offrir à son auditoire. Plusieurs s’attendaient à ce qu’il égaie sa présentation d’une annonce quelconque dans un dossier de l’heure, celui du centre des congrès, par exemple, mais il n’en fut rien, hormis au sujet du tunnel ferroviaire Casavant.

Il a révélé que des négociations étaient en cours avec le CN pour la préparation des plans et devis et le lancement de ­l’appel d’offres en 2016, en vue de travaux en 2017-2018, « si tout se passe comme souhaité ». « C’est un dossier à caractère économique d’une importance majeure pour la ville. Ça nous ouvre aussi une voie additionnelle vers le Cégep », a-t-il déclaré. Interrogé par LE ­COURRIER sur la question des subventions, il a avoué plus tard qu’il n’avait pas perdu espoir d’en trouver, mais n’a pas dit qu’il en faisait encore une condition essentielle à la réalisation du projet.

Durant son allocution de 45 minutes, le maire Corbeil s’est employé à décrire les 14 axes qui constituent les grands ­chantiers de son administration et à ­brosser un état de la situation dans ­chacun des dossiers, toujours en mettant l’accent sur le développement économique.

Image de marque de Saint-Hyacinthe, développement résidentiel et densification, tourisme d’affaires et structure ­d’accueil, développement industriel, ­biométhanisation, centre-ville, tout y a passé, et tout converge vers le développement économique.

« Je pense qu’actuellement, peu de villes de notre taille au Québec offrent des ­infrastructures de la qualité de celles ­disponibles à Saint-Hyacinthe. Il suffit de jeter un coup d’oeil au Centre multisports C.-A.-Gauvin, au Centre culturel ­Humania Assurance, au complexe Isatis Sport Saint-Hyacinthe, à nos centres communautaires, au parc Les Salines et au Centre aquatique Desjardins, pour ne nommer que celles-là. Juste pour vous dire en passant, la Ville possède 55 bâtiments. Sans arrêter d’investir dans ces aspects très importants pour la qualité de vie de nos citoyens, nous allons concentrer nos énergies dans des projets visant à stimuler le développement économique de notre milieu. Je suis convaincu que nous allons attirer de nouveaux citoyens à Saint-Hyacinthe en offrant un milieu qui se démarque par son dynamisme ­économique », a-t-il lancé.

Au terme de son discours, la seule question est venue de l’homme d’affaires ­André H. Gagnon, qui voulait savoir quand serait dévoilée l’identité de la ­bannière qui coiffera l’hôtel du centre des congrès. « D’ici un mois, peut-être », a vaguement laissé tomber le maire Corbeil.

Lui qui animait son troisième dîner-conférence « Terre d’innovation » de la Chambre de Commerce et de l’Industrie Les Maskoutains depuis son élection à la mairie a promis de répéter l’expérience l’an prochain, c’est-à-dire à quelques mois des élections municipales.

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