11 octobre 2018
La renaissance de Farfadet
Par: Maxime Prévost Durand
Le rappeur maskoutain Maxime Gabriel revient avec le nom de Farfadet pour son quatrième album solo, Des fusils et des roses. Photo Martin Lacasse

Le rappeur maskoutain Maxime Gabriel revient avec le nom de Farfadet pour son quatrième album solo, Des fusils et des roses. Photo Martin Lacasse

Après avoir délaissé son nom de rappeur sur son album précédent, le Maskoutain Maxime Gabriel retourne à ses racines pour son quatrième disque solo Des fusils et des roses, paru le 15 septembre. On assiste ici à la renaissance de Farfadet.

« Sans prétention, je crois que j’arrive meilleur que jamais, soutient-il au cours d’une rencontre avec LE COURRIER. J’ai amélioré beaucoup d’aspects dans la manière dont je procède et dans la façon que j’écris. C’est un peu un Farfadet 2.0 qui arrive. »

Avec un total de 17 nouvelles chansons, ce nouvel opus est le fruit de plus de deux ans de travail, une période ponctuée de deuils (sa meilleure amie, son bon ami Infrak et des membres de sa famille sont décédés) et de changements professionnels (fin de son association avec Silence d’Or et création de sa propre compagnie de disque). Comme l’indique le titre, on retrouve à la fois des chansons « bang » (fusils), mais aussi des chansons plus douces (roses). « Mais il ne faut jamais oublier que les roses ont des épines », lance-t-il en riant.

Farfadet se permet d’explorer les différents styles qui le font vibrer, passant du R&B au rap et au trap, puis voguant même dans les sonorités antillaises. « J’ai un style qui peut être assez éclectique. Je ne pouvais pas faire un disque avec seulement dix chansons, les gens auraient trouvé que l’album ne se tenait pas. Là, il y en a pour tous les goûts. »

On y retrouve même une pièce intitulée « S-H », en référence à Saint-Hyacinthe, sur laquelle il partage le micro avec son fidèle ami et collaborateur Rymz, un autre rappeur maskoutain bien établi sur la scène du rap queb. « Oui, j’ai grandi à S-H, connu des bandits à S-H, premières victoires à S-H, premières histoires à S-H, j’ai commencé à être sage, on va m’enterrer à S-H », peut-on entendre Farfadet rapper à un certain moment. Celui-ci assure toutefois qu’il ne s’agit pas d’un hymne à la ville qui les a vus grandir, lui et Rymz, mais plutôt d’un simple clin d’œil.

Maxime Gabriel a produit et réalisé lui-même ce nouvel album, un premier qu’il fait paraître au sein de sa compagnie de disque Deux Monts, lancée plus tôt cette année avec Dony S. La seule chose qu’il n’a pas faite, c’est la distribution. Et encore là… Presque chaque jour depuis la sortie, il se rend à la poste pour envoyer des albums à des fans qui ne peuvent pas se le procurer en magasin. « Il y a eu une époque où j’étais plus dans ma bulle, mais là je prends le temps d’être proche de mon monde et de leur répondre. Ça me fait plaisir de le faire et je crois que ça fait plaisir aux gens. »

Le Maskoutain remarque d’ailleurs que ses fans ont encore un grand sentiment d’appartenance envers le nom Farfadet. Avec le recul, il avoue que l’idée de mettre sur la tablette son nom de rappeur n’était peut-être pas le meilleur choix. « Je ne suis pas le genre de personne qui a des regrets dans la vie, mais si c’était à refaire, je resterais avec le nom Farfadet. Ça me gossait [comme nom], on s’entend que c’est assez farfelu, mais partout où j’allais, les gens m’appelaient encore “Farf”. C’était vraiment plus simple de revenir avec Farfadet. »

Ses fans maskoutains auront la chance de le voir sur scène d’ici la fin de l’année puisqu’il sera en spectacle au Cabaret André-H.-Gagnon du Centre des arts Juliette-Lassonde le samedi 8 décembre. Pour l’occasion, Farfadet assurera la première partie de son bon ami Souldia en plus d’être son beatmaker. 

image