5 janvier 2017
Patinage de vitesse courte piste
La renaissance de Rosemarie Charest
Par: Maxime Prévost Durand
La renaissance de Rosemarie Charest

La renaissance de Rosemarie Charest

Rosemarie Charest participera aux sélections nationales de patinage de vitesse courte piste à Montréal du 13 au 15 janvier. Photo Courtoisie

Rosemarie Charest participera aux sélections nationales de patinage de vitesse courte piste à Montréal du 13 au 15 janvier. Photo Courtoisie

À 16 ans, Rosemarie Charest participait pour la première fois aux sélections nationales seniors de patinage de vitesse courte piste. C’était il y a quatre ans. Depuis, l’entraîneur qui la suivait est parti en Asie, le Centre régional canadien d’entraînement lui a dit qu’elle ne correspondait plus aux critères et elle a subi une blessure qui l’a incommodée pendant quelques mois. Rien ne laissait présager qu’elle renouerait avec les hauts niveaux du sport. Et pourtant!

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Depuis un peu plus d’un an, la Maskoutaine s’entraîne avec le club Montréal Gadbois, où elle semble vivre une véritable renaissance. La preuve en est qu’elle s’est classée pour la première fois depuis 2013 en vue des sélections nationales, qui se tiendront en janvier et en mars. « Jamais je n’ai été aussi en forme que maintenant », lance-t-elle, le sourire dans la voix, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER.

Pour accéder aux sélections nationales, elle devait terminer parmi les 16 premières au classement général des qualifications nationales, présentées à Saguenay en novembre. L’athlète de 20 ans a finalement pris le 12e rang au cumulatif pour assurer sa place.

À cette compétition, Rosemarie a obtenu son meilleur résultat sur la distance de 1 500 m, terminant au 7e rang après avoir remporté la finale B. « Même si je n’ai pas réussi à passer les demi-finales, j’ai prouvé ma supériorité en étant au-devant de la finale B pendant la moitié de la course », dit-elle, fière d’avoir accompli l’exploit.

Le calibre s’annonce toutefois très relevé aux sélections nationales, puisqu’il s’agit des dernières donnant accès aux épreuves de la Coupe du Monde avant les Jeux olympiques de 2018. « Ce sera une compétition importante pour moi afin de faire ma place. Je l’avais fait à l’âge de 16 ans, mais là c’est différent. Je n’étais pas au même niveau physique que les autres à cet âge, tandis qu’à 20 ans je m’approche de leurs performances. »

Sans trop rêver, Rosemarie se fixe comme objectif de franchir la première ronde au 1 500 m, sa distance fétiche. « À 16 ans, je finissais un demi-tour derrière tout le monde et j’étais contente, mais maintenant je ne veux pas me faire décrocher. Je vais miser sur le côté stratégique », poursuit-elle.

Revenir de loin

Après sa participation surprise aux sélections nationales il y a quatre ans, Rosemarie Charest avait été invitée au Centre régional canadien d’entraînement, où elle s’est entraînée pendant trois ans. En cours de route, elle a toutefois perdu son entraîneur Jonathan Guillemette, recruté au Japon. « On avait réussi à créer un lien, il me connaissait par cœur », soutient-elle.

À partir de ce moment, la dynamique n’a plus été la même et ses performances n’ont plus progressé autant qu’elle l’aurait espéré. « Quand j’étais au CRCE, je savais que j’avais les capacités, mais ma tête ne suivait plus. Ça devenait parfois difficile psychologiquement. »

Puis, une blessure l’a ralentie un peu plus. Une double fracture de stress au niveau du péroné l’a tenue à l’écart durant quelques mois, la forçant à porter une botte de marche pendant un mois avant d’entamer la réhabilitation.

Après avoir traversé cette épreuve, la Maskoutaine a joint le Centre régional québécois de développement et le club Montréal Gadbois, avec qui elle patine depuis plus d’un an et demi maintenant.

Sa résurgence cette année dans les niveaux nationaux est attribuable surtout au déclic psychologique, croit-elle, alors qu’elle a repris goût à l’entraînement en compagnie de ses entraîneurs, Steve Robillard et l’Olympienne Jessica Hewitt. « Steve est un excellent technicien du mouvement et de l’équipement, l’un des meilleurs au monde, et avec Jessica, elle vient chercher un peu plus le côté psychologique. »

Rosemarie a justement battu récemment son record personnel au niveau du tour le plus rapide avec un temps de 9.2 secondes, un chrono qu’elle n’avait pas abaissé depuis plus de trois ans.

Le simple fait d’avoir une autre chance aux sélections nationales, une autre opportunité de se prouver sur la scène nationale senior, est une victoire en soi pour celle qui a fait ses premières armes au Club de patinage de vitesse de Saint-Hyacinthe. « Je vois que les efforts que j’ai mis ont valu la peine », laisse-t-elle tomber.

Les sélections nationales seniors se tiendront à Montréal du 13 au 15 janvier, tandis que la deuxième tranche prendra place du côté de Calgary du 9 au 12 mars. Rosemarie sera en action au 500 m, au 1 000 m et au 1 500 m.

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