18 février 2021
Départ de l’ex-DG Simon Cusson
La SDC a dépensé près de 7000 $ en frais juridiques
Par: Jean-Luc Lorry

Une entente salariale qui a entraîné des frais juridiques conséquents a été conclue entre la SDC centre-ville et son ex-DG Simon Cusson. Photothèque | Le Courrier ©

La fin d’emploi de l’ancien directeur général de la Société de développement commercial (SDC) centre-ville Simon Cusson ne semble pas s’être terminée sur une note chaleureuse. Le conseil d’administration de cet organisme a dépensé 6783 $ en frais juridiques pour conclure une entente salariale avec l’ex-dirigeant qui cumulait neuf années d’ancienneté, a appris LE COURRIER.

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En poste depuis novembre 2009, Simon Cusson a quitté ses fonctions en octobre 2018. Le principal intéressé n’a jamais souhaité revenir publiquement sur le sujet.

Son départ soudain a fait l’objet d’une facture d’un montant de 6453 $ en honoraires d’avocats datant de novembre 2018, suivie d’une seconde d’un montant de 330 $ datée de mars 2019. LE COURRIER a obtenu copie de ces deux documents à la suite d’une demande d’accès à l’information auprès de la SDC. Cette demande vient de trouver sa conclusion.

En novembre 2018, la présidente de la SDC Jausée Carrier, accompagnée de l’administratrice Manon Robert, indiquait dans nos colonnes qu’une entente confidentielle avait été signée entre la SDC et Simon Cusson. On ignore si une compensation financière lui a été versée.

« Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas d’animosité, ça ne s’est pas mal fini », nous avait alors mentionné Mme Robert, qui ne siège plus au conseil de la SDC. Toutes deux souhaitaient à ce moment tourner la page sur cette séparation professionnelle.

Une ex-présidente silencieuse

Mme Carrier ne souhaite pas expliquer la raison des frais juridiques engagés par l’organisme dans le cadre du départ de l’ancien directeur général Simon Cusson.

« Je vais devoir vous redire que je n’ai pas de commentaires à vous transmettre au sujet de facture de la SDC. N’occupant plus le poste de direction de la SDC, je préfère, à l’avenir, ne plus me prononcer sur un dossier de la SDC », a écrit Jausée Carrier, chef propriétaire de l’entreprise Colorada Chef Traiteur, dans un courriel adressé au COURRIER.

Selon nos informations, les factures reçues par l’organisme dont le montant dépassait 2000 $ devaient être approuvées par ses administrateurs.

L’ancien directeur général de l’Institut de la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) Michel Nadeau considère que le président d’une SDC doit répondre de ses décisions même s’il n’occupe plus ce poste.

« La personne qui occupait la présidence demeure responsable et imputable dans la gestion des fonds d’une SDC. Lorsque vous quittez un poste d’administrateur, vous devez expliquer les gestes qui ont engagé des coûts pendant votre mandat », estime l’expert en gouvernance en entrevue téléphonique au COURRIER.

« Un président de conseil d’administration a le devoir d’expliquer ses décisions en étant clair et transparent. Il doit rendre des comptes aux marchands. Les commerçants doivent savoir pourquoi ces sommes [frais juridiques] ont été dépensées », souligne cet expert.

Année mouvementée

En plus de devoir composer avec les impacts de la pandémie sur les commerces, la SDC a vécu une année 2020 mouvementée autant au niveau de la direction que du conseil d’administration.

En juin 2020, Jausée Carrier et les administrateurs Richard Marquis et Patrick Roger ont remis leur démission. Mme Carrier avait alors motivé sa décision entre autres par le controversé projet de piétonnisation de la rue des Cascades, qui avait profondément divisé les commerçants du centre-ville.

Le mois suivant, l’homme d’affaires maskoutain Stéphan Rhéaume a succédé à Jausée Carrier à la présidence de l’organisme. Pour remplacer les deux administrateurs démissionnaires, le conseil a accueilli Gabriel Morier de la boutique M.O. David et Marie-France Millette de la boutique Commun-Tricot.

Laurie Breault, qui avait succédé à Simon Cusson en janvier 2019, a quitté ses fonctions en septembre dernier. Mme Breault n’avait pas répondu à notre invitation à commenter son départ.

Le poste à la direction générale n’avait pas été immédiatement pourvu puisque Anne-Marie Plante-Bellemare, qui était coordonnatrice aux communications et services aux membres, avait accepté de prendre la relève de Mme Breault à titre de coordonnatrice principale aux opérations.

L’infolettre de la SDC qui est envoyée aux membres a annoncé en janvier la nomination d’André Marcotte au poste de directeur général et le départ de Mme Plante-Bellemare.

Dans ses nouvelles fonctions, M. Marcotte est assisté de Monique Patenaude aux tâches administratives et d’Anne-Marie Harvey (contractuel) aux communications.

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