16 janvier 2014
La sérénité…
Par: Pierre Bornais
Publicité
Activer le son

« État de calme, de tranquillité », selon Larousse.

Pour les semaines à venir, c’est ce que souhaite le ministre Drainville comme toile de fond de la commission parlementaire sur la Charte. D’ores et déjà, il est permis d’en douter sans être un sceptique « patenté ». Même si plus de 40 % des Québécois estiment en avoir déjà assez entendu sur le sujet. Il faudra s’y faire car on n’a pas fini d’en entendre des vertes et des pas mûres, avec les centaines de mémoires soumis, en provenance de tous les horizons. Ils s’ajoutent à tout ce qui a été dit, pour ou contre, depuis que le gouvernement a fait part de ses intentions. Malgré les appels initiaux du ministre, rien dans les discussions n’a été « calme et tranquille » à ce jour. La population reste largement divisée, au moins sur certains éléments du projet proposé. Au point que certains se demandent – et ils sont de plus en plus nombreux – si ces mois d’étude en commission ne sont pas une perte de temps et d’énergies. D’autant plus que le ministre a encadré l’opération en y allant de déclarations fortes, maniant le chaud et le froid (écoute, mais intransigeance sur tous les éléments du projet). Il a même fait un pas de plus, plaçant la lutte à l’intégrisme comme dénominateur commun de ceux et celles favorables à « sa » charte. En proposant un tel amalgame, celui-ci limite fortement l’espace requis pour débattre de façon sereine des valeurs réelles qui doivent construire le Québec actuel et futur. Il aurait été préférable, après avoir exposé l’ensemble du projet, de cerner celles qui font consensus, établissant des fondements solides pour un projet collectif. Alors que là, la division est le seul résultat prévisible. En vue peut-être d’une campagne électorale à venir!

image