28 avril 2016
La tête à Paradis
Par: Christian Vanasse
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Ainsi donc, la toute puissante Union des Producteurs Agricoles veut la tête du ­ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis. Rien de moins.

D’ailleurs, je me demande bien ce qu’ils en feraient de cette tête s’ils l’obtenaient. C’est loin d’être sûr, le député de Brome-Missisquoi est un vieux résistant, même le Round-up serait sans effets sur lui. Hey, malgré toutes les arrestations, ­allégations et enquêtes autour du très louche Parti libéral, les têtes ne roulent pas beaucoup. À part celle à trois boutons de Sam Hamad!

Le ministre de l’Agriculture peut dormir tranquille en Chambre, ce n’est pas ­demain la veille qu’on enverra Paradis en enfer. Mais au fond, pourquoi cette colère? C’est qu’à même son fonds discrétionnaire, le ministre a donné 55 000 $ à des opposants au monopole syndical, dont l’Union Paysanne, ce qui a soulevé l’ire de l’UPA.

Les moyens des opposants sont sans commune mesure avec ceux de l’organisation qui au fil du temps est presque ­devenue un état dans l’état. Un peu comme l’éléphant qui se plaint qu’on lance des peanuts à des souris. Ça fait un moment que l’éléphant grince des dents. Le ­monopole syndical était une question ­centrale du rapport Pronovost, le premier. Celui qui fut tabletté dès sa publication. Mais s’opposer au monopole n’est pas s’opposer au syndicalisme agricole ni à la négociation collective.

Le pluralisme et j’oserais dire la biodiversité en cette matière serait même ­bienvenue et représenterait davantage le milieu et ses nouvelles réalités. Ce que l’UPA vient d’énoncer en dénonçant le ­ministre est le refus d’entendre d’autres voix que la leur. Le refus de voir d’autres ­organisations défendre les agriculteurs.

Le refus de la démocratie la plus élémentaire. Marquez votre calendrier : je viens de défendre un ministre libéral contre une organisation syndicale. Faut le faire!

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