11 décembre 2014
Carte postale de Chloé Brodeur
La tradition éclatée de Dubaï
Par: Jennifer Blanchette
Le désert entourant la ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis, a conquis le coeur de la Maksoutaine Chloé Brodeur. Photo courtoisie

Le désert entourant la ville de Dubaï, aux Émirats arabes unis, a conquis le coeur de la Maksoutaine Chloé Brodeur. Photo courtoisie

De nombreux gratte-ciel aux lignes avant-gardistes façonnent le panorama de cette ville cosmopolite. Photo courtoisie

De nombreux gratte-ciel aux lignes avant-gardistes façonnent le panorama de cette ville cosmopolite. Photo courtoisie

Tout est démesure et luxure dans la ville cosmopolite de Dubaï. C’est dans ce lieu où l’extravagance est la norme que la Maskoutaine Chloé Brodeur, lors d’une mission commerciale étudiante, s’est frottée non seulement aux traditions bien ancrées des Émirats arabes unis, mais aussi à ses plus folles envies de grandeur.

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Preuve que ce joyau arabe ne laisse personne indifférent, la jeune femme de 25 ans a vécu son premier bouleversement culturel seulement en pénétrant dans l’aéroport international de Dubaï.

« Il n’y a que des Émiratis qui travaillent à l’aéroport et de tous les voir revêtir le costume blanc traditionnel, ce fut un petit choc sur le coup. En plus, un dossier est créé sur chaque arrivant à l’aéroport alors ça envoie un message comme quoi il faut rester sage », partage Chloé.

Pour ce séjour de trois semaines en mai 2014 dans la principale ville des Émirats arabes unis, la Maskoutaine et ses collègues de l’Université du Québec à Montréal avaient pour mission de développer le marché international d’une entreprise de l’Estrie spécialisée dans les produits d’érable.

Manque de bol, les quelques entrepreneurs arabes qu’ont rencontrés les étudiants leur ont expliqué que par souci de rentabilité, ils importaient leurs produits d’érable de la Hollande ou encore de la Nouvelle-Zélande.

Si ces entretiens n’ont pas été fructueux d’un point de vue professionnel, ils ont permis à Chloé de renouer avec une tradition profondément ancrée dans les moeurs du pays.

« Là-bas, tu ne peux pas refuser le thé, s’exclame-t-elle. Une bonne partie de la culture est basée sur celle des peuples primitifs et autrefois, lorsque quelqu’un offrait le thé à un passant, cela voulait dire qu’il lui offrait son hospitalité. Donc aujourd’hui, refuser le thé signifie refuser de créer un lien avec la personne. »

Aussi rassembleur soit-il, le thé peut parfois s’apparenter à une épreuve lorsque la chaleur est accablante. Le mercure grimpe si haut que les commerces ouvrent 24 heures sur 24 afin de compenser une vie diurne qui frôle souvent le point mort. Même les sports se pratiquent en soirée et durant la nuit pour contrer la température extrême.

« À Dubaï, tu ne te plains pas parce qu’il ne reste plus d’eau chaude pour te laver, mais bien plus d’eau froide, s’esclaffe la voyageuse. Malgré la chaleur, peu de gens boivent de l’eau. Elle coûte plus cher que le pétrole. En comparaison, les prix à la station-service ne sont même pas affichés tant ils sont dérisoires. »

Robes et religion

Même si les Émiratis ne représentent qu’environ 10 % de la population de Dubaï, où convergent travailleurs internationaux et expatriés, la religion islamique continue de primer.

« J’ai dû ouvrir mon esprit face à la religion. J’avais de la difficulté à comprendre qu’elle puisse occuper une si grande place dans la vie des gens, surtout quand on arrive du Québec où elle est peu affirmée aujourd’hui », explique Chloé.

D’entendre l’appel à la prière résonner les premières fois fut très déstabilisant pour elle. « C’est très beau de voir tout le monde se taire lors de l’appel, mais c’est aussi un peu effrayant, car ça ressemble à une secte. »

Les croyances religieuses ont aussi beaucoup d’incidence sur l’habillement, en particulier celui des femmes. La Maskoutaine l’a d’ailleurs appris à ses dépens alors qu’elle portait une robe et qu’elle a préféré revêtir une tenue moins légère devant certains regards insistants.

À une autre occasion, elle a dû enfiler l’habit traditionnel de la femme afin de visiter la mosquée d’Abu Dhabi, l’un des rares lieux de culte ouvert aux non-musulmans à voir absolument, selon Chloé. « Un ami s’est même fait refuser l’entrée parce qu’il portait des jeans. Abu Dhabi est une ville beaucoup plus fermée que Dubaï, mais c’est intéressant de s’y rendre ainsi qu’à Sharjah pour bien comprendre la culture. »

Désert à perte de vue

« Dubaï, c’était un désert dans lequel ils ont mis une ville », résume simplement Chloé. Et ce désert fut un gros coup de coeur pour elle.

Ses compagnons de voyage et elle ont eu la chance de passer une nuit à la belle étoile dans le désert bordant l’opulente ville. « La nuit, le désert est très dangereux à cause des scorpions alors les guides arrosent le campement pour les éloigner. Dire qu’avant de le savoir, nous nous amusions à nous enterrer dans le sable… », raconte-t-elle.

Son expérience dans cette mer jaune lui a aussi permis de se déplacer en Jeep à travers les dunes, « la même sensation que d’être dans les montagnes russes, mais dans le sable ».

Elle se souvient aussi de l’étrange sentiment de circuler sur une autoroute clôturée en plein coeur du désert pour empêcher les chameaux de traverser.

Sur sa liste d’incontournables se retrouvent également les constructions démesurées de Dubaï : le Burj-Al-Arab, un hôtel autoproclamé sept étoiles en forme de voile ainsi que le Burj Khalifa, la plus grande tour du monde frôlant le kilomètre de hauteur.

« Il faut absolument monter au sommet du Burj Khalifa. C’est si haut qu’il faut demeurer à l’intérieur et la plus belle vue se trouve dans les toilettes des filles », confie en riant Chloé.

Toujours dans le registre du plus grand que nature, le centre commercial de Dubaï, avec son centre de ski intérieur et son magnifique aquarium, ne laisse pas sa place non plus.

« Rien n’est ordinaire à Dubaï. On dirait que tout est ultra neuf et beau. C’est vraiment la démesure. Même les chauffeurs de taxi ne connaissent pas la ville tant les constructions évoluent vite! »

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