28 avril 2016
L’origine des espèces
La triviale quête de la filiation
Par: Sarah Daoust Braun
Les Films Séville

Les Films Séville

L’origine des espèces

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Dominic Goyer, qui a oeuvré pour la ­télévision et qui a déjà quelques courts-métrages à son actif, signe et réalise ici son premier film pour le cinéma. La ­prémisse est simple, très simple : à la suite d’un drame familial où il apprend que son père n’est pas son vrai père ­biologique, David (Marc Paquet) décide de retrouver son géniteur. Évidemment, ce dernier, dont la conjointe Hannah (Sylvie de Morais) vient d’accoucher, vivra des situations qui échapperont à son contrôle et en apprendra plus sur le passé trouble de sa mère Agathe (Élise Guilbault), dessinatrice, qui vient de mourir.

Le hic avec L’origine des espèces, c’est son scénario un peu brouillon, un peu simpliste. On plonge dans une histoire au grand potentiel, notamment quant aux vies antérieures d’Agathe, mais on reste tout le long en surface. Les intrigues ne sont pas creusées en profondeur et ne sont pas toutes bouclées à la fin.

À cela s’ajoute une myriade des ­répliques convenues, presque dignes d’un théâtre d’été – « Mène ton enquête mon Sherlock Holmes » – qui sonnent fausses lorsqu’elles sortent de la bouche des comédiens.

La réalisation classique de Dominic Goyer confère de surcroît une ambiance parfois beaucoup trop mélodramatique au long-métrage. L’ensemble est appuyé par des séquences d’animation signées Éléonore Goldberg, une mince tentative plutôt réussie pour évoquer poétiquement des moments douloureux, mais ce jumelage ne forme pas au final un tout cohérent et digeste.

Les seuls éléments intéressants dans ce film sont la musique d’Antoine Bédard et l’interprétation de Marc Paquet. D’abord, les mélodies du compositeur s’accordent très bien à l’atmosphère lourde et ­anxiogène qui se dégage du long-­métrage. Ensuite, Marc Paquet (La vie secrète des gens heureux, Mauvais Karma) offre un jeu introspectif, calme et réfléchi qui fait écho à la détresse et l’incompréhension ressenties par son personnage.

Au final, L’origine des espèces souffre d’un scénario trop faible, pas assez approfondi, qui mine malheureusement l’ensemble du film.

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