29 décembre 2011
Maison Dessaulles
La Ville a financé sa démolition
Par: Le Courrier
La Ville de Saint-Hyacinthe a accordé une subvention de 2 000 $ aux propriétaires de la maison Dessaulles afin de permettre sa démolition.

La Ville de Saint-Hyacinthe a accordé une subvention de 2 000 $ aux propriétaires de la maison Dessaulles afin de permettre sa démolition.

En plus de l’autoriser, la Ville de Saint-Hyacinthe a financé la démolition de la maison de Georges-Casimir Dessaulles, malgré la mobilisation de citoyens maskoutains qui souhaitaient en assurer la sauvegarde.

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La Ville a versé une subvention de 2 500 $ aux propriétaires de la maison, les notaires Daniel Saint-Pierre et Maxime David, par le biais d’un programme de subvention pour la démolition de bâtiments vétustes, irrécupérables ou présentant des risques liés à la protection incendie.

Ce programme, adopté en 1996 et révisé en 2003, prévoit des sommes allant de 1 500 $ à 6 000 $ pour les propriétaires du centre-ville et de quelques quartiers limitrophes qui obtiennent un permis de démolition pour raser un bâtiment devenu vacant parce que vétuste. « La demande des propriétaires répondait aux objectifs et aux critères de ce programme, qui existe par ailleurs depuis longtemps, a commenté le directeur général Louis Bilodeau. Il ne s’agit pas d’un privilège ni d’un cas unique. » Selon lui, l’analyse des événements démontre que la Ville a fait son bout de chemin pour préserver la maison en investissant 10 000 $ dans une expertise architecturale qui précisait les coûts nécessaires à la sauvegarde, en tout ou en partie, de la maison. La somme accordée par la Ville aux propriétaires représente environ 4 % du montant total qui a été déboursé afin de démolir la structure de la maison et de remblayer le terrain. « C’est un petit pansement si l’on prend en considération toutes les conséquences malheureuses de l’incendie », a fait remarquer Me Saint-Pierre, sensible au contexte difficile dans lequel la maison Dessaulles a été démolie.

Du passé au futur

Jean-Marie Pelletier, qui a piloté le comité de sauvegarde, est demeuré pantois lorsqu’on lui a appris l’implication financière de la Ville, si infime soit-elle, dans la démolition de la maison. « Je suis surpris, d’autant plus que la maison était récupérable selon le rapport commandé par la Ville. Avec 2 500 $ on aurait pu faire quelque chose pour la protéger des intempéries. Ç’aurait été un premier pas. »

Le rapport stipulait en effet que la maison aurait pu être sauvée, à condition d’être protégée rapidement contre les intempéries qui l’avait déjà lourdement endommagée et d’y investir d’importantes sommes d’argent.« Toute la collectivité a été prise de court par l’incendie, a rappelé M. Bilodeau. Personne ne s’était jamais intéressé à cette maison avant. La Ville a joué du hockey de rattrapage en payant une étude. Nous aurions pu réagir plus vite pour protéger le bâtiment, mais le rapport est venu conclure la question : c’était une perte totale. »Pour leur part, les propriétaires ont déjà soumis à la Ville un projet de reconstruction sur le site de la maison Dessaulles. Les notaires mènent présentement une analyse des coûts afin d’orienter leur projet. « C’est toujours notre objectif de reconstruire et de le faire en respectant l’environnement patrimonial et l’histoire de ce lieu. Il ne reste qu’à établir quelle ampleur prendra le projet », a conclu Me Saint-Pierre.Dernier seigneur de Saint-Hyacinthe, Georges-Casimir Dessaulles était le neveu de Louis-Joseph Papineau. Il fut échevin, maire, député et sénateur. Sa maison, construite en 1860, a été incendiée en novembre 2010 et ses vestiges, démolis en juillet.

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