26 mai 2011
Service de transport adapté
La ville-centre bloque à nouveau la tarification unique
Par: Le Courrier

Le système tarifaire du service de transport adapté de la MRC des Maskoutains continue de diviser la ville-centre et les municipalités rurales. Avantagé par le principe de double majorité, le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier, s’est encore une fois opposé à la tarification unique massivement réclamée par ses 16 homologues du conseil de la MRC, le 11 mai dernier.

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Actuellement, les utilisateurs du service de transport adapté des municipalités rurales paient de 3 $ à 3,50 $ par déplacement selon la distance qui les sépare de Saint-Hyacinthe où les usagers bénéficient d’un tarif de 2,50 $, au grand dam de la quasi-majorité des maires.

« C’est anormal que le tarif ne soit pas uniformisé, mais d’une manière ou d’une autre, il n’y a qu’une seule municipalité qui décide. Ça ne donne rien de siéger à la table du conseil de la MRC », a résumé au COURRIER le maire de Sainte-Madeleine, Alain Paradis, quelques jours après le vote fatidique.La vapeur n’est pas prête d’être renversée puisque le maire de Saint-Hyacinthe n’entend pas lâcher prise. « Si on ne dit pas oui aujourd’hui, allez-vous encore revenir là-dessus tant qu’on n’aura pas accepté? Pour nous, ça va rester non », a-t-il clairement fait savoir à ses opposants.Ajoutant que la tarification variable existait depuis le début des années 2000, le maire de Saint-Hyacinthe s’est défendu d’avoir pris cette décision seul. « Ce n’est pas la position du maire, mais celle du conseil municipal de la Ville de Saint-Hyacinthe à qui j’ai présenté la résolution et qui l’a rejetée dans une forte majorité », a-t-il assuré.Dans leur nouvelle résolution, comme dans la première, les 16 maires des municipalités rurales réclament un tarif de 2,50 $ par passage ainsi que l’implantation d’une passe mensuelle de 86 $.Mais, admettant qu’il en coûte davantage à la MRC de cueillir un usager à Saint-Bernard qu’à Saint-Hyacinthe, ils proposent de profiter des octrois du gouvernement provincial accordé aux villes en vertu de la Loi concernant la taxe sur le carburant pour compenser les pertes.« En ramenant le tarif au même niveau pour tout le monde, on se retrouve avec un manque à gagner d’environ 16 000 $ par année. La Loi sur la taxe sur les carburants alloue à la MRC un retour d’argent annuel qui varie d’une année à l’autre et, en principe, cela devrait couvrir le montant », a expliqué au COURRIER le directeur général de la MRC, Gabriel Michaud.Selon Claude Bernier, cette solution est inappropriée, voire injuste pour les usagers de Saint-Hyacinthe. « Selon la loi sur la taxe sur l’essence, le retour doit être utilisé à deux motifs, soit l’amélioration du service de transport en commun ou la diminution des coûts », a-t-il précisé au COURRIER.Le maire Bernier estime qu’utiliser les octrois pour absorber les pertes occasionnées par l’implantation d’un tarif unique n’entre pas dans « l’esprit » de la loi. « Oui, les fonds amélioreraient le service et atténueraient les coûts, mais seulement pour les utilisateurs des milieux ruraux, pas pour ceux de la Ville. »Pour la conseillère de la Ville de Saint-Hyacinthe et présidente du comité de transport adapté de la MRC, Brigitte Sansoucy, c’était un pas dans la bonne direction. « C’est sûr que de cette façon on n’en profite pas vraiment, mais c’est un nouveau revenu que nous sommes obligés d’utiliser et ce serait une belle façon de le faire », estime celle qui a voté en faveur d’une tarification unique lors de la réunion plénière de la Ville de Saint-Hyacinthe.Elle ne serait pas la seule puisque selon nos sources, au moins un autre conseiller aurait fait la même chose et d’autres pourraient changer leur fusil d’épaule. « Plus j’en parle à mes collègues, plus ils démontrent de l’intérêt », a-t-elle mentionné, affirmant qu’elle aurait souhaité en discuter davantage avec ses homologues.

Un dossier qui traîne

L’administration de la MRC des Maskoutains déplore que ce nouveau conflit reporte une seconde fois l’adoption d’une passe mensuelle de 86 $ très attendue par les usagers du transport adapté. « Si cela presse tant, la Ville pourrait peut-être changer d’idée! », a aussitôt répondu le maire de Sainte-Hélène Yves Petit.Autour de la table du conseil, plusieurs maires ont rappelé que les usagers de la Ville de Saint-Hyacinthe bénéficiaient d’un service de qualité du matin au soir en plus de représenter 77 % de l’ensemble des utilisateurs du territoire. L’an dernier, la MRC a enregistré 49 000 déplacements pour Saint-Hyacinthe et 3 000 pour les municipalités rurales. « La quote-part de la ville-centre pour le fonctionnement du service représente 63 % de l’ensemble des quote-parts, mais ses utilisateurs bénéficient du service à hauteur de 77 %. Qu’elle fasse ses calculs et elle verra qu’elle est gagnante! », a conclu Yves Petit.Ce n’est pas la première fois que Saint-Hyacinthe se prévaut de son statut de ville-centre pour renverser l’issue du débat sur le service de transport adapté. On se souviendra que sept maires ont quitté la table du conseil en pleine réunion, le 9 février, dans un mouvement de contestation contre le premier vote sur la tarification unique bloqué par Claude Bernier.

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