12 novembre 2020
Forum
La Ville de Saint-Hyacinthe préfère le portefeuille des promoteurs à la qualité de vie et à la sécurité des familles
Par: Le Courrier

Le projet immobilier de l’avenue des Grandes-Orgues a débuté à la fin septembre. Photothèque | Le Courrier ©

Depuis des mois, un groupe citoyen composé de jeunes familles et de personnes âgées tente de préserver la qualité de vie de leur quartier et la sécurité de leurs enfants. En effet, malgré leurs efforts, un important promoteur immobilier a obtenu l’autorisation de réaliser un énorme projet résidentiel sur l’une des dernières grandes terres agricoles en milieu urbain, riverain du quartier Bois-Joli : 176 logements, en trois phases. Le début d’un projet qui regroupera à sa fin approximativement 1000 logements.

Publicité
Activer le son

Le groupe insiste pour dire qu’il ne s’agit pas d’une protestation de type « pas dans ma cour » et qu’il n’est pas contre le projet. Ces parents et ces personnes âgées s’impliquent parce qu’ils s’inquiètent du fait que le projet risque d’avoir des conséquences importantes sur la sécurité routière et la qualité de vie de leur quartier.

Malgré un quotidien familial complexifié en temps de COVID, ces jeunes mères et pères sont allés à plusieurs rencontres de présentation du promoteur et ont tenté d’obtenir des modifications au projet. Fidèle au stéréotype lors de la construction de ces grands projets, le promoteur leur aurait « expliqué » le projet pour les « rassurer » sur l’impact du projet, plutôt que d’offrir de travailler ensemble afin de s’entendre sur un projet qui fasse consensus.

Reconnaissant clairement la langue de bois du promoteur, le groupe citoyen a religieusement suivi toutes les étapes légales pour la demande d’un référendum, qu’il a obtenue en début juillet. La Ville avait alors plusieurs solutions pour éviter de devoir faire un référendum, dont celui de modifier le projet pour le rendre acceptable.

Or, au lieu de rapprocher les parties par des rencontres de travail, l’administration municipale semble avoir pris le parti pris du promoteur en choisissant des outils légaux imparfaits ou « peu détaillés » :

1. Utilisation du rôle d’évaluation foncière plutôt que de la liste électorale, alors que celle-ci est mise à jour régulièrement;

2. Non-vérification de la légitimité des signataires de la liste de renonciation alors qu’il est tout à fait possible de le faire;

3. Utilisation de la situation de pandémie pour ne pas faire d’avis public et mettre le règlement en vigueur.

La Ville de Saint-Hyacinthe avait-elle le droit légal d’agir ainsi? Probablement que oui. Mais là n’est pas la question : c’est l’attitude de la Ville qui est plus que questionnable.

Pourquoi la Ville n’a-t-elle pas joué son rôle et utilisé plutôt ses pouvoirs de gouvernance pour jouer un rôle de médiateur afin de faire modifier le projet? L’administration municipale est tout à fait consciente que le groupe citoyen n’a pas les moyens financiers pour défendre ses droits légaux, ce qui crée une situation parfaitement déséquilibrée. En faveur du promoteur.

La qualité de vie des familles et la sécurité d’enfants et de personnes âgées d’un quartier résidentiel valent-elles moins que le portefeuille des promoteurs immobiliers? L’administration municipale peut encore prouver que ce n’est pas le cas.

Jamie Breton, Saint-Hyacinthe

image