20 juin 2013
Gare intermodale et stationnement
La Ville délaisse le site patrimonial de la Goodyear
Par: Le Courrier
Au terme de quatre années de réflexion sur l'avenir de ces bâtiments anciens et des terrains qu'ils occupent, la Ville a avisé leurs propriétaires qu'elle renonçait à tout acquérir pour créer un stationnement incitatif à cet endroit.

Au terme de quatre années de réflexion sur l'avenir de ces bâtiments anciens et des terrains qu'ils occupent, la Ville a avisé leurs propriétaires qu'elle renonçait à tout acquérir pour créer un stationnement incitatif à cet endroit.

La Ville de Saint-Hyacinthe a abandonné l’idée de créer un stationnement incitatif pour le transport en commun à l’extrémité du boulevard Laframboise, au centre-ville, du côté nord des voies ferrées et de la gare du CN, un projet en lien avec le dossier du train de banlieue.

La réserve foncière qui avait été créée en juin 2009 à même trois lots du secteur – ceux occupés par les anciennes usines E.T. Corset, coin Delorme et Laframboise, Goodyear et Les Orgues canadiennes, toutes à caractère patrimonial – a expiré le 1 er juin sans qu’aucune procédure d’expropriation n’ait été enclenchée par le conseil municipal. Comme cette réserve a existé durant quatre années consécutives – elle avait été renouvelée après deux ans, en juin 2011 -, une nouvelle réserve ne pourrait être créée au même endroit avant un délai de deux ans.

Les propriétaires de ces immeubles et leurs locataires ont d’ailleurs tous été avisés par courrier la semaine dernière que la réserve foncière était levée et que rien ne serait entrepris dans ce secteur concernant le projet en question.« Le conseil municipal a jugé que votre immeuble n’était pas le site le plus approprié pour l’aménagement d’un stationnement incitatif ou d’un terminus intermodal. Par conséquent, la Ville ne procédera pas à l’acquisition de votre propriété à cette fin », annonce le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, dans la lettre qu’il a transmise à Stéphane Arès, le propriétaire de l’ancienne Goodyear. Il précise que le conseil en est venu à cette conclusion à la suite d’analyses menées avec le Conseil intermunicipal de transport de la Vallée du Richelieu (CITVR). « Il vous est maintenant loisible de procéder à des améliorations, constructions ou additions sur votre immeuble, dans les limites fixées par la réglementation », précise-t-il.La réserve foncière empêchait en effet les occupants des lieux visés d’y apporter toute modification qui en aurait augmenté la valeur; en revanche, ils étaient tenus de bien entretenir la propriété.Stéphane Arès, qui a toujours désapprouvé cette intervention de la Ville, soutient que la réserve foncière lui a fait perdre beaucoup d’argent en faisant fuir ceux qui louaient ses vieux locaux industriels. « Il y a quatre ans, j’avais neuf locataires, mais aujourd’hui, les 80 000 pieds carrés sont vides. Ils sont tous partis », a-t-il confié au COURRIER.Maintenant que la réserve foncière est chose du passé, il a entrepris de rédiger avec son avocat une requête en dommages qu’il transmettra à la Ville pour obtenir réparation.M. Arès s’était présenté devant le conseil municipal au mois de janvier pour se plaindre de la réserve foncière et pour questionner les élus sur leurs intentions. Le maire Claude Bernier lui avait répondu qu’une décision serait prise avant l’été à la lumière d’une étude du Groupe-conseil Roche sur la création du stationnement incitatif et de la gare intermodale au centre-ville. C’est sans doute aux conclusions de cette étude que Louis Bilodeau fait allusion dans sa lettre.Rappelons que l’idée de la réserve foncière était apparue au printemps 2009, moins d’un mois après que le maire Bernier eut confirmé son intention de solliciter un sixième mandat à la mairie.En août 2012, toujours dans le dossier du transport en commun, le conseil municipal a porté son regard sur un nouvel emplacement, cette fois pour la création d’un terminus intermodal. Il s’agit de l’îlot délimité par les rues Dessaulles, Sicotte et l’avenue Laframboise, au sud des voies ferrées et à l’est de la gare. Cet îlot a fait l’objet de la phase II de l’étude de localisation du terminus intermodal que le CITVR a réalisée à la demande de la Ville. « Nous avons eu une présentation », a indiqué le conseiller du district Sacré-Coeur, David Bousquet. Il considère que c’est l’endroit idéal pour la création d’un terminus intermodal parce qu’il se trouve au centre-ville, juste à côté de la gare. « Plutôt que de se rendre à la gare en auto, les gens prendront l’autobus pour aller prendre le train. C’est le même concept qu’à Saint-Jérôme », explique-t-il, en pensant au jour où le train de banlieue sera réalité à Saint-Hyacinthe.

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