17 août 2017
Agrile du frêne
La Ville devra sortir la hache
Par: Rémi Léonard
Des opérations d’abattage de frênes touchés par l’agrile ont commencé à Saint-Hyacinthe, mais elles risquent de se multiplier dans les prochaines années. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Des opérations d’abattage de frênes touchés par l’agrile ont commencé à Saint-Hyacinthe, mais elles risquent de se multiplier dans les prochaines années. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La principale arme des autorités municipales pour faire face à l’agrile du frêne reste pour l’instant l’abattage. Afin de contenir la propagation de l’insecte ravageur, la Ville de Saint-Hyacinthe devra couper les frênes malades et les remplacer par d’autres essences d’arbres.

Le plan d’action de la Ville prévoit en effet qu’un frêne doit être abattu lorsqu’il a perdu la moitié de son feuillage supérieur, puisque sa mort est dès lors considérée comme inévitable. Il s’agit effectivement d’un signe que l’insecte est bien implanté dans l’arbre et qu’il commence à s’y attaquer.
Chaque frêne abattu sera « systématiquement remplacé », a assuré la Ville, qui entend replanter des « espèces diversifiées » au même endroit ou à proximité de ceux qui disparaîtront. Seuls 28 arbres ont été coupés jusqu’à maintenant, mais le rythme va s’accélérer bientôt puisqu’une « croissance constante » des abattages est à prévoir pour les prochaines années, a indiqué Brigitte Massé, directrice des communications à la Ville de Saint-Hyacinthe. Ce plan, datant de 2015, est toujours en vigueur, mais une « actualisation est prévue prochainement », a ajouté Mme Massé.
D’après l’inventaire effectué à Saint-Hyacinthe, il y a 1 209 frênes dans l’espace public, ce qui exclut les terrains privés et les boisés (parc Les Salines, Boisé-des-Douze et parc La Survivance). L’essence est présente en bordure de rue et dans les parcs un peu partout en ville, mais les concentrations les plus importantes se trouvent dans les secteurs Saint-Sacrement, Assomption, Douville et Bourg-Joli. On ignore combien de frênes seront touchés au fur et à mesure que l’infestation se répandra, mais la plupart devraient être atteints tôt ou tard par l’insecte ravageur.
Le professeur en horticulture à l’ITA et agronome Guy Laliberté avertissait dernièrement dans nos pages que les plantations de remplacement auraient déjà dû commencer, puisque les nouveaux arbres prendront des années avant de grandir assez pour faire suffisamment d’ombrage.
Grâce à un don de biopesticide TreeAzin reçu en 2015, la Ville avait alors traité une centaine de frênes, mais de nouvelles applications ne sont pas prévues cette année, a informé Brigitte Massé. Le produit doit être appliqué aux deux ans pour continuer à être efficace. Des techniques expérimentales ont aussi été tentées, comme des pièges à agrile et un traitement prometteur mettant à profit un champignon qui attaque l’insecte.
D’ici à ce que ces méthodes se prouvent efficaces à grande échelle, la tronçonneuse sera encore la solution la plus utilisée pour contrer l’agrile du frêne. Un budget d’abattage de 35 000 $ est prévu pour l’année en cours. La Ville fait affaire avec des émondeurs privés pour couper et essoucher les spécimens atteints par la maladie. Le bois est ensuite broyé en copeaux sur place pour limiter la prolifération de l’agrile.
Pour ce qui est des frênes situés sur les terrains privés, la responsabilité revient entièrement aux propriétaires. Ils peuvent faire traiter leur frêne en prévention ou bien le faire abattre et planter un arbre de remplacement.

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