7 décembre 2017
Biométhanisation
La Ville doit réduire ses émissions
Par: Benoît Lapierre
Photo François Larivière - Le courrier

Photo François Larivière - Le courrier

La Ville de Saint-Hyacinthe doit répondre à certaines exigences du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) pour que ses nouvelles installations en biométhanisation passent le test gouvernemental, notamment en ce qui a trait aux émissions atmosphériques.

C’est ce que l’on retient du contenu de trois résolutions que le nouveau conseil municipal a passées à sa séance du 20 novembre. Dans l’une d’elle, la Ville s’engage à procéder à une « caractérisation des émissions de particules fines (PM2,5) dès la mise en opération du lieu de biométhanisation » et à effectuer une « modélisation de la dispersion atmosphérique desdites particules fines dès la réception des résultats de ladite caractérisation ».
La Ville doit aussi trouver une façon de réduire ses émissions de sulfure d’hydrogène (H2S) pour que celles-ci respectent les normes en vigueur, dit une autre résolution. Il y est précisé en préambule que le 3 octobre 2017, la firme d’experts-conseils Consumaj a mené unecampagne d’échantillonnage du sulfure d’hydrogène provenant des bassins extérieurs de la station d’épuration, opération qui a confirmé des dépassements de la norme établie dans le Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère. Le MDDELCC accorde 12 mois à la municipalité pour mettre en place des mesures d’atténuation appropriées. On ignore pour l’instant l’ampleur du dépassement au niveau des normes et si la Ville a été sanctionnée par le Ministère.
Dans une troisième résolution, on apprend que la Ville a déposé, le 8 novembre, un nouveau devis d’opération qui doit rencontrer les lignes directrices pour l’encadrement des activités de biométhanisation. « Si des modifications devaient être demandées par la Direction régionale de l’analyse et de l’expertise de l’Estrie et de la Montérégie suite à l’analyse dudit devis d’opération, la Ville doit s’engager à apporter les ajustements dans un délai raisonnable pour permettre la délivrance du certificat d’autorisation », lit-on dans le préambule.
Malgré l’apparente lourdeur des conditions fixées pour que les nouvelles installations de biométhanisation – celles de la phase II du projet – soient approuvées, le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, reste étonnamment optimiste. Il affirme que tout cela n’empêchera pas la Ville d’obtenir rapidement les certificats d’autorisation requis pour la mise en route de tout le système de biométhanisation des matières organiques, avec injection du biométhane produit dans le réseau de distribution d’Énergir (Gaz Métro).
Certificats d’autorisation
« On est à la dernière étape avant la délivrance des trois certificats d’autorisation (CA). On touche du bois, mais on pourrait les obtenir avant la fin de la semaine. Il faut un CA pour l’exploitation du lieu de biométhanisation, un autre pour les nouveaux équipements du Centre de valorisation des matières organiques (CVMO) – une benne de réception et un broyeur à marteaux -, et un troisième pour la plate-forme de tri du contenu des bacs bruns, à la station d’épuration », a expliqué M. Bilodeau après la séance du conseil du 20 novembre.
Il avait vu juste, puisque deux des trois CA ont été émis peu après. « Le Ministère a délivré les certificats d’autorisation pour l’exploitation de l’agrandissement du lieu de biométhanisation à la station d’épuration des eaux usées, en date du 21 novembre 2017 et pour l’aménagement et l’exploitation d’un centre de réception et de broyage du contenu des bacs bruns sur le site de la station d’épuration, en date du 27 novembre 2017 », a confirmé par courriel Daniel Messier, conseiller en communications et porte-parole régional du Ministère. Il a précisé qu’il ne manquait plus que le CA relatif à l’ajout d’un bac de réception de matières organiques et de deux broyeurs sur le site de la station d’épuration et que dans ce cas, l’analyse des documents fournis par la Ville n’était pas terminée.

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