11 juin 2015
Biomethanisation
La Ville en mode vulgarisation
Par: Benoît Lapierre
Plus de 350 citoyens ont participé à la journée « portes ouvertes » de dimanche dans les installations de biométhanisation des matières organiques. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Plus de 350 citoyens ont participé à la journée « portes ouvertes » de dimanche dans les installations de biométhanisation des matières organiques. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Louis Bilodeau, directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Pierre Mathieu, conseiller technique en traitement de l’eau et chargé de projet en biométhanisation et le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, au cours de la soirée d’information de mardi au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Louis Bilodeau, directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Pierre Mathieu, conseiller technique en traitement de l’eau et chargé de projet en biométhanisation et le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, au cours de la soirée d’information de mardi au Centre des arts Juliette-Lassonde. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Au moment où elle s’apprête à lancer la phase III de son projet de traitement des matières organiques par ­biométhanisation, la Ville de Saint-­Hyacinthe s’est tournée vers le grand public pour mieux lui expliquer les ­tenants et aboutissants de toute ­l’opération.

La journée « portes ouvertes » du ­dimanche 7 juin dans les installations de la rue Lemire, de la rue Girouard Ouest et de l’avenue Émilien-Letarte s’est avérée une réussite. Plus de 350 citoyens ont ­profité des navettes pour aller à la ­découverte de la station de ravitaillement des véhicules municipaux qui ont été convertis au gaz naturel, des biodigesteurs de la station d’épuration et du tout nouveau centre de valorisation des ­matières organiques (CVMO), où se trouve aussi la plate-forme de maturation du digestat.

La conférence donnée mardi soir au Centre des arts Juliette-Lassonde a connu moins de succès, mais qu’importe. La vingtaine de citoyens qui y ont assisté ont eu droit à une belle présentation du ­directeur général de la Ville de Saint-­Hyacinthe, Louis Bilodeau, après la ­projection d’un documentaire résumant le dossier, le même qui a été présenté tout récemment au Congrès de l’Union des municipalités du Québec.

M. Bilodeau a rappelé que le projet de biométhanisation était né en 2008 de la volonté de la Ville de contrer la hausse­ ­faramineuse des coûts de transport et ­d’élimination des boues d’épuration, ­lesquels atteignaient alors 1,34 M$ par année. La solution est venue de Pierre Mathieu, arrivé la même année au service du Génie. Dès son embauche, M. Mathieu avait été investi de la mission de trouver un moyen de détourner les boues ­d’épuration de l’enfouissement. Sept ans plus tard, il a été nommé Personnalité de l’année 2014 par l’Association Pipeline Québec pour l’ensemble de ses ­réalisations en biométhanisation. « M. Mathieu est un visionnaire. Il a ­compris avant tout le monde le potentiel de la biométhanisation », a lancé Louis Bilodeau.

Inspiré de modèles que Pierre Mathieu a découverts en Europe, le projet ­maskoutain, dont la phase I a été réalisée en 2009-2010, arrive à son aboutissement au plan ­technique. Il aura coûté en tout 50 M$, a ­précisé M. Bilodeau, dont 18,6 M$ engagés par la Ville de Saint-Hyacinthe. Les deux ­gouvernements ont contribué au montage financier à hauteur de 31,4 M$, soit 11,4 M$ versés par le gouvernement fédéral et 20 M$, par le gouvernement du Québec.

Mais M. Bilodeau signale que les revenus anticipés sont tels que tout le projet s’autofinancera d’ici à peine quelques années. D’une part, la Ville estime qu’elle économisera 500 000 $ grâce à l’autoconsommation du gaz naturel renouvelable (GNR) produit dans ses installations (300 000 $ économisés en carburant et 150 000 $ en chauffage) et à l’utilisation du digestat comme terreau (50 000 $).

D’autre part, la Ville prévoit tirer des­ ­revenus totaux de 5 M$ par année de la vente du GNR à Gaz Métro et d’autres clients potentiels (2,5 M$) et des tarifs de traitement des intrants solides (900 000 $) et liquides (1,6 M$).

Une fois retranchés les coûts d’exploitation, estimés à 1,4 M$ par an, la Ville ­réaliserait des revenus nets de l’ordre de 4,1 M$ par an, avec un système fonctionnant à sa pleine capacité. « Dans ce contexte, vous comprendrez que le projet s’amortira très rapidement », a mentionné Louis Bilodeau.

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