19 mars 2015
Emplacements Goodyear et E.T. Corset
La Ville marque une pause
Par: Benoît Lapierre
La question du stationnement soulève bien des questions dans le dossier de la revitalisation du site de la Goodyear et de l’E.T. Corset. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La question du stationnement soulève bien des questions dans le dossier de la revitalisation du site de la Goodyear et de l’E.T. Corset. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe a décidé de ralentir la cadence dans la planification du projet visant la reconversion, par le promoteur Stéphane Arès, du site des

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La surprise qu’a causée l’apparition d’un avis de démolition sur le bâtiment E.T. Corset, au beau milieu du processus de modification du zonage du secteur, y est pour quelque chose.

Au cours de la séance du conseil municipal de lundi, le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, a fait savoir que la Ville allait maintenant attendre que le traitement de la demande de permis de démolition soit terminé avant de passer à la prochaine étape dans la procédure touchant le zonage.

Visiblement inquiets pour leur quartier, plusieurs résidants de la rue Delorme et du boulevard Laframboise avaient pris place dans la salle du conseil pour assister, en début de séance, à la brève assemblée publique d’information sur les changements proposés à la réglementation d’urbanisme concernant cette zone. Le nombre d’étages autorisés y serait augmenté de trois à cinq, la norme concernant le stationnement passerait de 1,5 case à 0,75 case par logement, tandis que la marge avant serait abaissée de six mètres à seulement 0,5 mètre, minimalement.

Le directeur du service de l’Urbanisme, Yvan Gatien, a indiqué que ces changements devaient permettre la construction de 118 logements répartis dans sept bâtiments selon le concept TOD (transit-oriented development), lequel repose sur la proximité des services de transport en commun.

« On n’a pas vu de plan (…). On manque beaucoup d’information sur ce projet », a déploré Diane Graveline, une résidante de la rue Delorme qui a été suivie au micro par Martin Brunet, qui habite du côté du boulevard Laframboise. Ce citoyen s’interroge, entre autres, sur la pertinence de réduire la norme sur le stationnement dans un secteur où il en manque déjà. « Nous, nous avons 35 cases pour 25 unités de condos et en hiver, tout est plein. En été, il y a des autos plein la rue (..). Je trouve ça bizarre, votre ratio de 0,75 case. Personne ne peut se permettre de vivre à Saint-Hyacinthe sans avoir une auto : il n’y a pas assez de services (…) », a soutenu M. Brunet, disant s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup d’opposition aux changements proposés.

Au terme des échanges sur les modifications de zonage, Louis Bilodeau a annoncé que la Ville allait tenir bientôt une soirée d’information sur tout ce qui est envisagé pour le site de la Goodyear, ce qui repousse l’adoption du second projet de modification de zonage, celui qui pourra faire l’objet d’une demande d’approbation référendaire par les résidants concernés. Le premier projet du règlement de zonage avait été adopté à la séance du 2 mars. « Pour le moment, c’est stoppé », a confirmé la greffière, Me Hélène Beauchesne.

E.T. Corset

Par ailleurs, Louis Bilodeau a annoncé que la Ville allait améliorer sa façon de publiciser les demandes de permis de démolir qui sont analysées par le comité de démolition, cela à la lumière de ce qui s’est produit dans le cas de l’édifice E.T. Corset, voisin du site Goodyear. « Il y aura des ajustements à faire pour mieux aviser les élus et les citoyens », a-t-il admis.

À la période d’information réservée aux élus, le conseiller du district Sacré-Coeur, David Bousquet, s’est levé pour critiquer le processus de traitement des demandes de permis de démolition. Il se demande encore comment il se fait qu’il n’ait rien su au sujet de l’avis de démolition pour la E.T. Corset et l’audience du comité, qui a eu lieu le 9 mars au matin, en l’absence de tout intervenant. « Si moi, qui suis conseiller municipal, ne le savais même pas, comment voulez-vous qu’un citoyen aille s’exprimer (sur un projet de démolition)? Un processus qui semble caché, qu’est-ce que ça fait? Ça donne l’impression qu’on a été floué », a-t-il lancé.

Comme l’a souligné Louis Bilodeau, les citoyens qui voudraient en appeler devant le conseil de la décision du comité de démolition dans ce dossier – il a autorisé l’émission du permis – peuvent adresser leur requête à Me Beauchesne d’ici le 8 avril.

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