24 août 2017
Pôle culturel maskoutain
La Ville se lance dans trois projets de reconversion
Par: Rémi Léonard
La Ville se lance dans trois projets de reconversion

La Ville se lance dans trois projets de reconversion

Après les églises Christ-Roi et Sacré-Cœur, une autre église maskoutaine risque de fermer ses portes. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Après les églises Christ-Roi et Sacré-Cœur, une autre église maskoutaine risque de fermer ses portes. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’édifice abritant la Fédération des caisses Desjardins sera acquis par la Ville pour 7,9 M$, soit le double de sa valeur actuelle au rôle d’évaluation foncière municipale. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’édifice abritant la Fédération des caisses Desjardins sera acquis par la Ville pour 7,9 M$, soit le double de sa valeur actuelle au rôle d’évaluation foncière municipale. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le projet de Complexe culturel maskoutain (CCM) vient de se transformer en un pôle culturel projeté au centre-ville. Avec ce nouveau scénario, les trois organismes ne seraient pas regroupés sous un même toit, mais dans trois bâtiments à proximité.

L’immeuble où loge la Fédération des caisses Desjardins est sur le point d’être acquis par la Ville de Saint-Hyacinthe pour devenir le nouvel emplacement de la bibliothèque T.-A.-St-Germain. Juste en face, l’église Notre-Dame-du-Rosaire accueillerait le centre d’exposition Expression et l’éventuel musée du patrimoine régional qui s’y grefferait. Enfin, le Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe déménagerait au monastère du Précieux-Sang. Le site se trouve à peine deux rues plus à l’ouest sur Girouard.
L’échéancier des relocalisations s’étendra sur trois à cinq ans, a informé le maire Claude Corbeil. Il est trop tôt pour chiffrer un budget global, mais cette option reviendrait moins coûteuse que la construction d’un complexe tout neuf pour les trois organismes, que le maire a évaluée à 50 M$.
Acquisition surprise
Ce rebondissement dans le dossier du CCM a été annoncé mercredi matin à l’hôtel de ville. Interpellé par plusieurs interventions lors de séances publiques du conseil au printemps, le maire Corbeil avait alors laissé entrevoir très peu de détails sur la position de la Ville. En coulisse, la municipalité avait toutefois les yeux rivés sur l’espace occupé par la Fédération des caisses, près du pont Barsalou, dont la disponibilité a été « l’élément déclencheur » pour monter le projet actuel, a expliqué le maire. La transaction s’élève à 7,9 M$ pour un immeuble évalué à 4 M$ au registre foncier, propriété de la société Développement Gestcorp. Un règlement d’emprunt de 8,9 M$, incluant l’achat, les travaux de consolidation de la structure et des études et honoraires, sera adopté le 28 août.
La Ville a ensuite porté son attention de l’autre côté de la rue, où se trouve l’église Notre-Dame-du-Rosaire, et a constaté une « ouverture » à une transaction, dont les modalités sont encore à négocier. Les conditions de la vente devraient assurer la préservation de l’église malgré le changement de vocation, a indiqué le maire Corbeil. S’il est encore tôt pour savoir quelle forme prendra le bâtiment, le maire a identifié la reconversion de l’église Christ-Roi comme un exemple réussi.
Le bureau de poste de la rue Girouard a aussi été envisagé comme troisième bâtiment, ce qui aurait créé un véritable carrefour culturel, mais c’est finalement le monastère du Précieux-Sang non loin qui a été retenu. Il appartenait déjà à la municipalité depuis 2013.
Les principaux concernés en faveur
Devant l’idée d’être regroupés dans un même pôle culturel au centre-ville, les trois organismes se sont montrés très favorables au projet. Chacun d’eux trouve d’ailleurs son compte dans le scénario. La bibliothèque T.-A.-St-Germain passera d’un espace « peu invitant et dépassé » à un site de choix, plus vaste, en bordure de la rivière et avec un accès à la promenade Gérard-Côté, appelée à être complètement réaménagée. Le Centre d’histoire aura lui aussi plus d’espace pour ses archives, d’autant plus que sa place au séminaire devenait de plus en plus incertaine. Le monastère, érigé en 1866, est également un lieu chargé d’histoire. Il se situe « à l’endroit même où est née notre communauté », a souligné André Bourgeois, président du Centre d’histoire. Enfin, Expression pourra concrétiser son ambition de devenir un musée d’art contemporain et de patrimoine régional grâce à une superficie bonifiée. Son président Jean-Marie Pelletier quittera à regret la salle au-dessus du marché public, qui était « magnifique », mais malheureusement pas adaptée à un centre d’exposition.
Le projet leur a été présenté lors d’une rencontre avec la Ville le 26 juin. Lorsque les sites projetés ont été identifiés, « nos yeux se sont élargis », a témoigné Jean-Marie Pelletier, qui est aussi président de la table de concertation du CCM. Sans être « le rêve idéal » qu’il espérait, les sites étaient intéressants et le projet avait l’énorme avantage de pouvoir se concrétiser dans un horizon rapproché. Les conseils d’administration respectifs ont approuvé le projet au cours de l’été.
Et maintenant?
À terme, des travaux majeurs devront être apportés aux trois lieux pour les aménager selon leur nouvelle vocation. Les chantiers ne devraient toutefois pas apparaître demain matin. Le bail de la Fédération des caisses prend fin en décembre 2018, la transaction de l’église Notre-Dame-du-Rosaire devra être conclue et une date de fermeture désignée, et enfin une étude structurale devra être effectuée au monastère du Précieux-Sang.
Autre étape essentielle, la Ville se remettra à la chasse aux subventions, espérant évidemment obtenir une participation des autres paliers de gouvernement pour préserver le patrimoine bâti maskoutain et le mettre en valeur avec ce pôle culturel.

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