13 août 2015
Odeurs incommodantes
La Ville semonce Veolia
Par: Jean-Luc Lorry
La Ville semonce Veolia

La Ville semonce Veolia

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil. Photothèque | Le Courrier ©

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil. Photothèque | Le Courrier ©

Les odeurs incommodantes qui ont émané pendant deux jours de l’usine de régénération des huiles usées de Saint-Hyacinthe, propriété de la multinationale française Veolia, sont remontées jusqu’à l’hôtel de ville de la municipalité en raison de nombreux appels de citoyens.

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Initiée par le maire Claude Corbeil, une rencontre qualifiée d’urgente a été organisée jeudi dernier sur le site de l’usine située dans le parc industriel Théo-Phénix, en présence de hauts dirigeants de la Ville et du vice-président responsable des activités de traitement des huiles usées de Veolia Canada, Bruno Lebaron, qui était accompagné de membres de son équipe.

« Durant cette rencontre, l’entreprise a fait son mea culpa et s’est engagée à mettre en place des mécanismes de détection des odeurs, de nouvelles mesures préventives pour éviter les bris d’équipement et de meilleurs canaux de communication avec la Ville, le ministère de l’Environnement et les citoyens de Saint-Hyacinthe », a indiqué le maire Corbeil par voie de communiqué.

La Ville a délivré à l’entreprise deux constats d’infraction de 1 000 $ chacun pour les odeurs émises les 4 et 5 août. « En cas de récidive, le montant des amendes pourrait passer à 4 000 $ par jour. Nous allons aussi être proactifs auprès du ministère de l’Environnement pour que ce problème soit réglé une fois pour toutes », prévient Brigitte Massé, directrice des communications de la municipalité.

Des précédents

En activité depuis l’été 2013, ce n’est pas la première fois que l’usine Veolia de Saint-Hyacinthe est source d’irritants.

Début 2014, de fortes odeurs d’hydrocarbures avaient incommodé le voisinage et fait l’objet de plusieurs plaintes de citoyens.

Selon l’industriel, ces odeurs perceptibles dès le démarrage de l’usine étaient dues à une ventilation défectueuse du réservoir d’entreposage de produit asphaltique.

L’usine Veolia de Saint-Hyacinthe est en réalité une raffinerie. Les huiles usées récoltées y sont transformées en lubrifiant de seconde génération, mais permettent aussi la production d’un combustible lourd (hydrocarbure de soute) et d’asphalte.

« Une solution technique d’ajustement reconnue a été mise en place pour contenir et éliminer la dispersion des odeurs provenant de l’usine Veolia », avait indiqué l’entreprise dans un communiqué diffusé en janvier 2014.

Intervention du Ministère

Le ministère de l’Environnement a été rapidement averti de ce nouvel épisode d’odeurs incommodantes en provenance de la même usine.

« Nous avons reçu plusieurs plaintes et effectué une inspection sur place le mercredi 5 août en après-midi, précise Lyne Longpré, directrice adjointe au Centre de contrôle environnemental du Québec. Nous sommes à évaluer les recours possibles comme d’émettre un avis de non-conformité ou une amende pécuniaire. »

La direction de l’usine Veolia a assuré le Ministère qu’un plan correcteur sera mis en place et qu’elle allait présenter un projet pour permettre une inspection plus régulière de ses installations à Saint-Hyacinthe.

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